parle personnel chargé de la manipulation des cadavres au sein de lexploitation 8. Le plan de lutte contre les nuisibles 9. Le plan de protection vis-à-vis des sangliers pour les exploitations avec passage extérieur entre les bùtiments, ou en bùtiment semi ouvert ou plein-air 10. Le cahier démargement avec lensemble des intervenants extérieurs indiquant date et objet de
Par Yan de Kerorguen Avec la prolifĂ©ration des maĂźtres menteurs et autres moi » autocentrĂ©s qui se bousculent dans l’univers des rĂ©seaux sociaux et de la tĂ©lĂ©rĂ©alitĂ©, une pathologie humaine s’affirme, de nature Ă  Ă©clairer les mĂ©canismes Ă  l’Ɠuvre dans le mensonge. Cette pathologie a pour nom la perversion narcissique. Experts en duplicitĂ©, ces manipulateurs qui sĂ©duisent insidieusement pour mieux dĂ©truire, constituent une figure courante qui aide Ă  mieux comprendre ce que mentir, post-vĂ©ritĂ©, et mentir vrai » veulent dire. La communication perverse est au service de cette stratĂ©gie. Elle est d’abord faite de fausses vĂ©ritĂ©s. Par la suite, dans le conflit ouvert, elle fait un recours manifeste, sans honte, au mensonge le plus grossier
/
 Par ses messages paradoxaux, doubles, obscurs, il le pervers bloque la communication et place sa victime dans l’impossibilitĂ© de fournir des rĂ©ponses appropriĂ©es, puisqu’elle ne peut comprendre la situation » explique Marie-France Hirigoyen. Ainsi, dans le monde Ă  l’envers de la perversion, la vĂ©ritĂ© devient un alĂ©a de la discussion. Le psychanalyste SavĂ©rio Tomasella La perversion » dĂ©finit la perversion comme une anti-relation. Dans ce monde sans autre, sans principes, le personnage central est le moi Ă©gotique, tournĂ© vers lui-mĂȘme, dont la vie s’organise autour de l’emprise et de la dĂ©prĂ©ciation d’autrui. Convaincu de dĂ©tenir la vĂ©ritĂ©, il refuse toute discussion. Le monde de la mĂ©diation et de la reprĂ©sentation politique connaĂźt de tels personnages suffisants, tour Ă  tour touchant de sincĂ©ritĂ© et qualifiĂ©s en fourberie, le verbe moqueur et la sympathie en bandouliĂšre, sĂ»r d’eux mais prĂȘts Ă  s’excuser pour leur imprudence, capable de retourner les situations en dĂ©faveur de la vĂ©ritĂ©. La figure impudique du pervers narcissique, se complait dans l’ambiguĂŻtĂ©, souligne Tomasella. Marie-France Hirigoyen montre Ă  travers ces quelques extraits in Le HarcĂšlement Moral ». Poche 2011 Ă  quel point le pervers narcissique, expert en jeux de mensonge et de vĂ©ritĂ©, nous est si dĂ©sagrĂ©ablement familier. 
/
Les pervers trouvent toujours un moyen d’avoir raison, d’autant que la victime est dĂ©jĂ  dĂ©stabilisĂ©e et n’éprouve, au contraire de son agresseur, aucun plaisir Ă  la polĂ©mique. Le trouble induit chez la victime est la consĂ©quence de la confusion permanente entre la vĂ©ritĂ© et le mensonge. Le mensonge chez les pervers narcissiques ne devient direct que lors de la phase de destruction. C’est alors un mensonge au mĂ©pris de toute Ă©vidence. C’est surtout et avant tout un mensonge convaincu qui convainc l’autre. Quelle que soit l’énormitĂ© du mensonge, le pervers s’y accroche et finit par convaincre l’autre. VĂ©ritĂ© ou mensonge, cela importe peu pour les pervers ce qui est vrai est ce qu’ils disent dans l’instant. Ces falsifications de la vĂ©ritĂ© sont parfois trĂšs proches d’une construction dĂ©lirante. Tout message qui n’est pas formulĂ© explicitement, mĂȘme s’il transparaĂźt, ne doit pas ĂȘtre pris en compte par l’interlocuteur. Puisqu’il n’y a pas de trace objective, cela n’existe pas. Le mensonge correspond simplement Ă  un besoin d’ignorer ce qui va Ă  l’encontre de son intĂ©rĂȘt narcissique. C’est ainsi que l’on voit les pervers entourer leur histoire d’un grand mystĂšre qui induit une croyance chez l’autre sans que rien n’ait Ă©tĂ© dit cacher pour montrer sans dire. » Le paranoĂŻaque et la vision complotiste Une des manifestations de la crise de la vĂ©ritĂ© connait une criante extravagance dans la thĂ©orie du complot dont l’essentiel tient en trois mots on nous ment ». Le on » Ă©tant tour Ă  tour, selon l’idĂ©ologie de celui qui l’énonce, le juif, le franc-maçon, le systĂšme, les services secrets, mais aussi le musulman, le banquier, l’intellectuel de gauche. Les phĂ©nomĂšnes qui intĂ©ressent les adeptes de la thĂ©orie du complot sont toujours choisis dans le but de jeter le soupçon sur des catĂ©gories particuliĂšres. Cette vision conspirationniste est historiquement une valeur des droites. Elle est une forme de pathologie. Les attentats terroristes de l’annĂ©e 2015 ont placĂ© le projecteur sur un phĂ©nomĂšne des plus inquiĂ©tants l’existence d’un vĂ©ritable courant d’opinion en faveur des thĂ©ories du complot. Qui sont les adeptes du complotisme ? Quelle est la nature et l’influence de ce courant ? C’est ce qu’a voulu savoir la Fondation Jean-JaurĂšs et Conspiracy Watch dans une Ă©tude diligentĂ©e par l’IFOP permettant d’estimer la pĂ©nĂ©tration du complotisme dans la sociĂ©tĂ©. La plupart des grandes thĂ©ories du complot en vogue ont Ă©tĂ© soumis Ă  l’échantillon les vaccins, le sida, l’État islamique, les sociĂ©tĂ©s secrĂštes, le nouvel ordre mondial », l’usage d’armes climatiques, l’assassinat du prĂ©sident Kennedy, la Terre plate » ou encore le premier pas de l’homme sur la Lune. L’étude met en Ă©vidence plusieurs points dĂ©routant pour les consciences Ă©clairĂ©s pas moins de quatre Français sur cinq croit dans le complotisme, la plupart des thĂ©ories vĂ©hiculĂ©s par les rĂ©seaux sociaux recueillant des niveaux d’approbation prĂ©occupants, en particulier parmi les jeunes gĂ©nĂ©rations que dirigeants politiques, chercheurs, universitaires et professionnels de l’information ont commencĂ© Ă  faire publiquement part de leur prĂ©occupations. Un jeune Français sur cinq adhĂ©rerait Ă  des thĂ©ories complotistes. Les jeunes sont trĂšs friands de ces raisonnements obscurs, Ă©tant peu satisfaits pour ne pas dire frustrĂ©s des explications donnĂ©es par les mĂ©dias qu’ils jugent insuffisantes, voire trompeuses, face aux Ă©vĂ©nements. La thĂ©ologie du complot prĂ©sente des travers pathologiques que l’on trouve dans la paranoĂŻa, Ă  savoir la tendance Ă©prouvĂ©e par certains sujets contemporains Ă  voir derriĂšre chaque Ă©vĂšnement un grand complot invisible, ourdi en secret par des forces cachĂ©es, manipulant le monde afin de poursuivre leur nĂ©faste entreprise. On parle aussi chez certaines personnes de dĂ©lire de persĂ©cution. D’aprĂšs le philosophe Karl Popper, le complotisme est l’opinion selon laquelle l’explication d’un phĂ©nomĂšne social consiste en la dĂ©couverte des hommes ou des groupes qui ont intĂ©rĂȘt Ă  ce qu’un phĂ©nomĂšne se produise parfois il s’agit d’un intĂ©rĂȘt cachĂ© qui doit ĂȘtre rĂ©vĂ©lĂ© au prĂ©alable et qui ont planifiĂ© et conspirĂ© pour qu’il se produise » in Conspiracy Theory of Society. Complotisme et paranoĂŻa sont unis dans les mĂȘmes certitudes. Un seul axiome fait leur fortune “il n’y a pas de fumĂ©e sans feu”. Pour le paranoĂŻaque ou pour celui qui est atteint de la mentalitĂ© complotiste, un accident n’est pas un accident, c’est le rĂ©sultat d’une volontĂ© maligne ou hostile. Le paranoĂŻaque ne doute jamais il est certain. Par exemple la Shoah n’a jamais existĂ©, c’est une fiction. Pour lui, pas de mystĂšre, aucune Ă©nigme. Le chĂŽmage, le terrorisme, la guerre, la pauvretĂ©, le Sida ont une cause unique, l’action d’une puissance occulte, d’un ennemi intĂ©rieur ou extĂ©rieur, une manƓuvre souterraine, une intervention satanique. Au nom de la vĂ©ritĂ©, il profĂšre les plus absurdes des mensonges. Les grands prĂȘtres de la thĂ©ologie du complot sont convaincus de faire preuve de clairvoyance. Mais les complotistes savent-ils qu’ils mentent ? Les mythomanes finissent toujours par ĂȘtre sincĂšres Ă  force de s’incorporer le mensonge » indique Dorian Astor in article Diakritik. Hiver 2017. Plus le mensonge est Ă©norme, plus on est tentĂ© d’y croire et plus il est difficile Ă  remettre en question, car il semble incroyable. Plus la parole est brute, plus elle semble persuasive. Plus les contrevĂ©ritĂ©s sont rĂ©pĂ©tĂ©es, plus elles finissent par ressembler Ă  la vĂ©ritĂ©. Le faux prend l’apparence du vrai. VoilĂ  comment peut s’expliquer le succĂšs actuel du mythe du Grand invisible vĂ©hiculĂ© par les conspirationnistes et leurs thĂ©ories fumeuses. Le processus est toujours le mĂȘme diffuser des explications fantasmagoriques et improbables concernant des Ă©vĂ©nements rĂ©els, en s’appuyant sur des dĂ©lires pseudo scientifiques paranoĂŻaques, hermĂ©tiques Ă  la contradiction. Sur les rĂ©seaux, il est impossible d’avoir un dĂ©bat contradictoire. La contradiction est noyĂ©e dans le trop plein d’informations. Incapables de faire la dĂ©monstration rigoureuse de ce qu’ils prĂ©tendent, les complotistes n’hĂ©sitent pas Ă  user de la dĂ©sinformation et du mensonge pour Ă©tayer leur certitude que tout ce que vous racontent les mĂ©dias ou les politiciens est fait pour cacher la vĂ©ritĂ©. Les rĂ©seaux sociaux constituent aujourd’hui le principal vecteur de diffusion du discours conspirationniste. Ainsi s’amoncellent sur les sites en ligne conspirationnistes, intoxicateurs et dĂ©sinformateurs en tous genres. Pour les adeptes de la thĂ©ologie du complot auxquels sont liĂ©s les nĂ©gationnistes, rĂ©visionnistes, nihilistes et autres avatars, rien n’est un hasard. Le rejet de l’autre, le thĂšme de l’ennemi de l’intĂ©rieur, la trahison des Ă©lites, l’imaginaire de la 5Ăšme colonne connaissent une fortune depuis quelques annĂ©es. L’attentat contre Charlie Hebdo est une manigance des medias contre l’Islam, l’alunissage d’Apollo 11 Ă©tait une mise en scĂšne, les attentats contre les Tours jumelles de New York ont Ă©tĂ© orchestrĂ©s par le gouvernement amĂ©ricain, Barrack Obama est un musulman
 Les complotistes voient des coups montĂ©s partout. Le plus insensĂ© est celui relevĂ© par la revue Sciences humaines 9 janvier 2017. ThĂ©ories du complot notre sociĂ©tĂ© est-elle devenue parano ? Claudie Bert Le trajet empruntĂ© par les frĂšres Kouachi dans les rues de Paris reproduirait les frontiĂšres de l’État israĂ©lien ». Pour les conspirationnistes, il y a lĂ  l’évidente et authentique signature d’un complot juif ». La nĂ©gation de l’autre De prime abord, le complotisme part d’une intention qui pourrait ĂȘtre sage le refus d’ĂȘtre dupe. Seulement voilĂ . Voir des complots partout n’a rien de l’esprit critique auquel on aspire quand on veut faire la vĂ©ritĂ©. L’obsession ne conduit pas Ă  la raison mais au fanatisme. Bien sĂ»r, les complots rĂ©els existent. “Je ne comprend pas pourquoi il y a tant de gens qui passent tant de temps sur internet Ă  Ă©chafauder des thĂ©ories du complot, largement fictives, alors qu’il y a tant de complots reels,” soulignait avec une grande ironie Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks. Mais chez les complotistes, tout est complot, rien que du complot, seulement du complot. Tout ce qui arrive est forcĂ©ment le produit d’une force obscure. Le hasard, l’évidence des faits, l’erreur humaine, n’ont pas de valeur. Convaincu qu’on le trompe, le paranoĂŻaque se mĂ©fie de tout ce qui ne colle pas avec son mode de perception. PersuadĂ© que la vĂ©ritĂ© est toujours cachĂ©e, il a rĂ©ponse Ă  tout. Pour lui, toute critique mettant en cause la thĂ©orie du complot est soupçonnĂ©e d’avoir un lien avec le complot lui-mĂȘme. Le contradicteur est vite renvoyĂ© Ă  son illĂ©gitimitĂ©, supposĂ© ĂȘtre manipulĂ© voire accusĂ© d’ĂȘtre prenante du complot. La logique des conspirationnistes semble implacable. Autrement dit, il est impossible de prouver que les thĂ©ories avancĂ©es sont fausses. Plus on dĂ©nonce la thĂ©orie du complot, plus on apporte du grain Ă  moudre aux complotistes qui trouvent lĂ  autant de raisons Ă  voir confortĂ©es leurs certitudes. Bref, la thĂ©orie du complot est la solution simple mais Ă©laborĂ©e qu’a trouvĂ© le parano pour se sauver d’un monde aux mains des puissances invisibles et recrĂ©er un univers, oĂč tout serait visible et clair. A travers ce dĂ©lire quasi cosmique, que dit l’obsessionnel du complot ? Il manifeste une Ă©motion triviale la peur de l’autre, de l’étranger, du rĂ©fugiĂ©. Comme l’identitaire dont nous avons soulignĂ© la radicalitĂ© xĂ©nophobe, le complotiste fait de l’autre le bouc Ă©missaire de tous les maux sociaux et Ă©conomiques. Le phĂ©nomĂšne se reproduit chaque fois qu’une crise se prĂ©sente. La thĂ©orie du complot est d’abord un systĂšme de dĂ©fense d’un individu face Ă  un systĂšme contre lequel il se bat et dans lequel il a perdu confiance. C’est toujours justement sur le fond de l’esprit critique, d’un impĂ©ratif de luciditĂ©, d’une exigence de vĂ©ritĂ© alternative, que se structurent les thĂ©ories du complot. En 1929, dans Malaise dans la Civilisation, Sigmund Freud voit, dans la haine du Juif qui se donne libre cours dans le monde oĂč rĂšgne l’idĂ©al aryen », un moyen de soulagement Ă©conomique », permettant aux populations de trouver une figure diabolique, coupable du mal, de la mĂ©chancetĂ© et de la cruautĂ© de la vie. Le Front National, fort de sa tradition pĂ©tainiste est coutumier du complotisme, dĂ©nonçant en boucle le systĂšme », la trahison des Ă©lites, l’ennemi prĂȘt Ă  nous envahir. Soulignant les limites cognitives de la rationalitĂ©, le sociologue GĂ©rald Bronner, spĂ©cialiste des croyances collectives, n’est pas Ă©tonnĂ© par l’attrait du complotisme chez de nombreux internautes. Le rĂ©gime de la connaissance que permet le progrĂšs de la science est un rĂ©gime exceptionnel, souligne-t-il. Celui de la croyance est notre rĂ©gime normal. Nous sommes des ĂȘtres de croyance ». Parce que dans le monde de la vitesse, la conscience est enfermĂ©e dans un prĂ©sent Ă©ternel, elle ne dispose qu’une faible capacitĂ© de mĂ©morisation et de traitement dialectique. La permĂ©abilitĂ© des esprits aux thĂšses conspirationnistes s’explique aussi par un sentiment d’abandon et d’échec qu’éprouvent nombre de jeunes qui ne croient plus aux promesses qu’on leur fait dans un monde oĂč ils ont le sentiment que tous les adultes mentent, les politiciens en premier. Ce qui explique l’abstentionnisme aux Ă©lections. Ainsi dĂ©ferlent sur le net et ailleurs des croyances complotistes que les Ă©lites intellectuelles et politiques dĂ©noncent et condamnent mais sans pour autant prendre le temps de les dĂ©finir et de les analyser rigoureusement et s’interroger sur leur signifiant politique et social. Une partie importante des jeunes est sensible Ă  la thĂ©orie du complot judĂ©o maçonnique, vĂ©hiculĂ©e entre autres par les fans de DieudonnĂ© qui jouent sur le registre de la culpabilitĂ© des anciens colons. Quand on les interroge, ils n’hĂ©sitent pas Ă  avancer que Charlie Hebdo l’a bien cherchĂ©. On n’insulte pas le prophĂšte ». Quant aux juifs, ils n’ont qu’à pas massacrer les Palestiniens ». Les juifs, ils l’ont bien cherchĂ© » dit cette jeune fille du 93 Ă  propos du massacre de l’hypercasher. Pleine de ressentiment et de jalousie, elle explique les juifs ont tout, les postes, les facilitĂ©s, les mĂ©dias. Nous les noirs, on n’a rien ». Tel est la terrible humeur, triviale et ruminĂ©e, qui se fait entendre parmi les non-Charlie. Cela tĂ©moigne d’une sorte de musulmanitude », une foi de façade, dont il est difficile d’évaluer la sincĂ©ritĂ© mais dont la virulence est manifeste. Cette attitude tĂ©moigne aussi d’un ressentiment dĂ©vastateur Ă  l’égard de jeunes qui ont rĂ©ussi » les beurettes » Ă©mancipĂ©es, les soldats et policiers de confession musulmane, les Ă©tudiants juifs. TrĂšs prĂ©occupante est la situation dans les quartiers, Ă  l’école, dans les Ă©tablissements pĂ©nitenciers ou la coupure entre les Charlie rĂ©publicains et les non-Charlie, communautaristes, est nette. Le fantasme complotiste, sert les causes les plus radicales comme celles du djihadisme. Parce qu’elle vĂ©hicule une part obscure et qu’elle fournit aux jeunes le sentiment valorisant d’ĂȘtre dans le secret des Dieux, d’ĂȘtre renseignĂ©, de connaĂźtre le dessous des cartes, la rhĂ©torique conspirationniste trouve sur Internet son meilleur alliĂ© pour diffuser une vision du monde simpliste, mystĂ©rieuse et mĂȘme dĂ©sirable. Dans 9 cas sur 10, les djihadistes et autres radicaux identitaires et fanatisĂ©s sont recrutĂ©s sur le net. Aux candidats au martyr, le djihad leur dit que la vie sur terre n’est faite que pour prĂ©parer la vie au paradis oĂč attendent les 72 vierges. Le martyr et la mort sont donc dĂ©sirables. On vit davantage quand on meurt. L’ignorance est un des chemins qui mĂšne au crime. La contre culture du web est un vecteur de cette ignorance. AprĂšs avoir cĂ©dĂ© Ă  la propagande de gourous ou pseudo Ă©mirs, ces fanatiques passent Ă  l’acte violent, par Ă©cran interposĂ©, dans la solitude nocturne de leur frustration. Ils veulent venger le prophĂšte mais la plupart n’ont pas lu une ligne du Coran. Pour combler le vide de leur ĂȘtre, ils se confectionnent un islam Ă  bon compte qu’ils trouvent sur le marchĂ© de la barbarie. La vengeance est Ă  leurs yeux lĂ©gitime. Une autre forme de raisonnement est de plus en plus utilisĂ©e dans la sociĂ©tĂ© de la post vĂ©ritĂ© l’inversion ou le renversement de la charge de la preuve, un procĂ©dĂ© utilisĂ© dans des raisonnements erronĂ©s. Par exemple, lorsqu’un individu soutient l’existence des Martiens et prĂ©tend que c’est vrai parce que personne n’a pu prouver qu’il est faux. C’est aux contradicteurs de montrer qu’il n’y a pas de Martiens. Prouvez-nous que nous avons tort ! » Ce tour de passe-passe, appelĂ© appel Ă  l’ignorance », est un procĂ©dĂ© couramment utilisĂ© par les nĂ©gationnistes. Ainsi, un parallĂšle peut ĂȘtre Ă©tabli entre le nĂ©gationisme qui nie l’existence du gĂ©nocide des juifs et la thĂ©ologie complotiste. Les deux thĂ©ories se rejoignent en cela qu’elles traitent de la manipulation. Mais Ă  la diffĂ©rence du complotisme qui relĂšve d’une croyance, le nĂ©gationnisme relĂšve lui d’une manipulation historique motivĂ©e par des considĂ©rations idĂ©ologiques et politiques. On connaĂźt depuis longtemps en France, ceux qui nient l’utilisation des chambres Ă  gaz ou qui tentent de minimiser la culpabilitĂ© du rĂ©gime nazi envers les juifs. Ils sont mĂȘme soutenus par une partie non nĂ©gligeable de la population française. Le nĂ©gationnisme asservit la pensĂ©e Ă  un motif irrationnel obscur et intĂ©riorise. Il trouve dans cet espace matiĂšre Ă  prospĂ©rer. La notion de systĂšme, d’establishment, de l’ensemble des gens en place qui contrĂŽlent l’ordre Ă©tabli et cherchent Ă  se maintenir ». Et les exemples abondent de rĂ©actions du mĂȘme type devant le dĂ©bat politique français vis-Ă -vis de l’extrĂȘme droite. C’est bien la parole de ceux ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© du systĂšme, qui est dĂ©sormais disqualifiĂ©e. Tout ce qui fut respectĂ© depuis la fin de la 2Ăšme guerre mondiale, la connaissance et la compĂ©tence, est dĂ©sormais rejetĂ© car suspectĂ© d’ĂȘtre une chimĂšre au service de ceux qui profitent seuls des richesses de notre monde. La post vĂ©ritĂ© nous fait revisiter des notions que nous pensions rĂ©volus, nous plongeant dans une obscuritĂ© dont la sociĂ©tĂ© de la transparence s’accommode assez bien. La menace que fait peser la post vĂ©ritĂ© n’est pas seulement l’essor des fausses nouvelles et la superstition mais aussi l’omniprĂ©sence du baratin dans la vie politique et mĂ©diatique, et surtout l’indiffĂ©rence des gens Ă  l’égard de la vĂ©ritĂ©, thĂšme dĂ©veloppĂ© par le philosophe amĂ©ricain Harry Frankfurt L’art de dire les conneries. 1985. L’extension du moi sur les rĂ©seaux sociaux s’est ainsi imposĂ© n’écoutant que sa propre ignorance, avec aplomb et suffisance. Comment rĂ©agir face Ă  un tel dĂ©ferlement ? Dans un livre rĂ©cent Total Bullshit. Au cƓur de la post vĂ©ritĂ©. PUF. 2018 Sebastian Dieguez invoque les forces de l’esprit L’imaginaire, la fiction et la raison ont des ressources propres largement suffisantes pour remettre cet ennemi commun Ă  sa juste place ».
Cemercredi Ă  la TV sur TF1 SĂ©ries Films, regardez Au nom de la vĂ©ritĂ© - Manipulations en entreprise. DĂ©couvrez la bande annonce et plus d'informations. SĂ©rie/Feuilleton ComĂ©die sociale : Chacun d'entre nous s'est dĂ©jĂ  retrouvĂ© au moins une fois, au coeur de la tourmente «Au nom de la vĂ©rité» s'attache Ă  des hĂ©ros du quotidien en prise avec une dĂ©cision capitale Les dĂ©bats autour de la publicitĂ© tendent actuellement Ă  Ă©viter la question de la manipulation pour se concentrer sur les produits promus, les impacts Ă©cologiques des dispositifs publicitaires ou l'agressivitĂ© de certaines formes de promotion. Pourtant, Ă  l'heure oĂč les possibilitĂ©s offertes par les Big Data » et le neuromarketing semblent de plus en plus menaçantes, la manipulation est un sujet particuliĂšrement sensible, qu'il s'agit d'apprĂ©hender avec nuances, en Ă©vitant le complotisme ou la glorification du libre arbitre. En effet, lorsque des publicitaires se dĂ©fendent de manipuler » les consommateurs, c'est au moyen d'une dĂ©finition trĂšs simplificatrice de la manipulation elle est dĂ©finie comme le fait de contraindre physiquement quelqu'un Ă  faire quelque chose. Cette dĂ©finition, qui revient Ă  l'Ă©tymologie du terme manipuler signifie mouvoir avec sa main, pousser, modeler, ne permet pas de rendre compte des formes plus subtiles d'influence des comportements auxquelles recourent aujourd’hui les publicitaires. Il importe donc de prĂ©ciser ce qu'on entend par ce terme de manipulation » et de chercher dans quelle mesure l'activitĂ© publicitaire en relĂšve. DĂ©finir la manipulation nous permettra de la distinguer d'autres formes d'influence, et ainsi d'avoir une grille d'analyse prĂ©cise pour dĂ©terminer les diffĂ©rents types de discours qu'utilise la rhĂ©torique publicitaire. Nous analyserons ensuite les techniques publicitaires, ainsi que leurs effets, qu'ils soient directs augmentation de la consommation ou indirects normalisation de la culture de la consommation, brouillage de la frontiĂšre entre vraies et fausses informations.... Qu'est-ce que la manipulation ? Philippe Breton, chercheur en communication au CNRS, la dĂ©finit dans son livre La Parole ManipulĂ©e comme privation de la libertĂ© de l'auditoire pour l'obliger, par une contrainte spĂ©cifique, Ă  partager une opinion ou Ă  adopter tel comportement »1. La manipulation dont nous parlons ici se distingue de la persuasion entendue comme stratĂ©gie rhĂ©torique entre personnes considĂ©rĂ©es comme Ă©gales. Selon Robert-Vincent Joule et Jean-LĂ©on Beauvois, deux psychologues sociaux ayant travaillĂ© sur les notions de manipulation et d'influence, la manipulation est caractĂ©risĂ©e par l'utilisation de techniques qui ne reposent pas sur l'activitĂ© argumentative, mais prĂ©supposent le recours Ă  une technologie comportementale dont le manipulĂ© n'a pas conscience »2. La manipulation mobilise une connaissance fine des mĂ©canismes cognitifs, aboutissant Ă  ce que certaines chercheurses en psychologie sociale appellent une soumission librement consentie » techniques utilisĂ©es auraient pour but de contourner les rĂ©sistances de l'auditoire, afin de rĂ©duire le plus possible [s]a libertĂ© [
] de discuter ou rĂ©sister Ă  ce qu'on lui propose. »4 C'est par l'utilisation de ces technologies comportementales que la manipulation se distingue de l'influence certes, la plupart des messages diffusĂ©s dans l'espace public sont des tentatives d'influencer les rĂ©cepteurrices, mais ces messages ne sont pas manipulatoires s'ils respectent la libertĂ© des rĂ©cepteurrices. Mais comment savoir si la libertĂ© de l’auditoire est respectĂ©e ou non ? C’est un problĂšme car, comme le remarquent Robert-Vincent Joule et Jean-LĂ©on Beauvois, un individu ne peut ĂȘtre efficacement manipulĂ© que s'il Ă©prouve un sentiment de libertĂ©. »5 La manipulation est un processus qui doit rester cachĂ©, la premiĂšre Ă©tape de toute manipulation consist[ant] justement Ă  faire croire Ă  son interlocuteur qu’il est libre. »6 En exploitant des biais cognitifs dont le ou la manipulĂ©e n'a pas forcĂ©ment conscience, elle contourne ainsi ses rĂ©sistances, supposĂ©es ou rĂ©elles. Elle implique une relation asymĂ©trique entre la personne manipulatrice et la victime. Un exemple de technique manipulatoire classique citĂ© par Joule et Beauvois est le pied-dans-la-porte »7. Cette technique en deux Ă©tapes consiste Ă  obtenir un premier consentement peu coĂ»teux, qui prĂ©disposera la personne manipulĂ©e Ă  donner un deuxiĂšme consentement, plus coĂ»teux et qui est en fait celui qu'attendait lea manipulateurrice en premier lieu. Ainsi, si vous cherchez Ă  obtenir une faible somme d'argent d'une personne dans la rue, vous aurez quatre fois plus de chances de succĂšs en leur demandant d'abord l'heure8. Et ce n'est pas parce que leur personnalitĂ© ou leur caractĂšre les portent naturellement Ă  le faire, mais parce qu'ils ont Ă©tĂ© prĂ©alablement conduits Ă  accĂ©der Ă  une premiĂšre requĂȘte si peu coĂ»teuse qu'il n'est venu Ă  personne l'idĂ©e de la refuser »9 Ces techniques sont utilisĂ©es Ă  plus grande Ă©chelle. L'application gratuite » Candy Crush utilise le pied-dans-la-porte » pour inciter » les joueurses Ă  acheter des bonus. Candy Crush est un mini-jeu dont les premiers niveaux, d'abord faciles, puis un-peu-compliquĂ©s-mais-pas-trop », mettent au bout d'un moment les joueurses face Ă  une difficultĂ© devant laquelle ils et elles sont obligĂ©es, pour continuer Ă  jouer, d'acheter des bonus qui sont payants10. Ainsi, de nombreuses personnes, attrapĂ©es » hooked » par le mĂ©canisme de rĂ©compense du jeu, paient pour avoir ces bonus, chose qu'elles n'auraient peut-ĂȘtre pas faite si le jeu s'Ă©tait prĂ©sentĂ© dĂšs le dĂ©but comme payant. C'est le principe du jeu Pay to win Paie pour gagner », qui mobilise l'aversion Ă  la perte pour forcer le paiement »11. Les diffĂ©rentes techniques de manipulation Maintenir l'ambiguĂŻtĂ© entre persuasion et information À propos de la publicitĂ©, Philippe Breton s'oppose Ă  l'idĂ©e selon laquelle la publicitĂ© manipule par essence. »12 Selon lui, le discours publicitaire se positionne sur trois niveaux l'information, la persuasion, et la normalisation d'une culture de la consommation ». Sur quoi repose cette distinction ? Peut-il y avoir une information pure », sans persuasion ? Selon Anthony Galluzzo, maĂźtre de confĂ©rences Ă  l'universitĂ© de Saint-Étienne, spĂ©cialisĂ© dans la culture de la consommation et son histoire, le principe originel » de la rĂ©clame du XIXe siĂšcle Ă©tait d'informer les potentielles clientes sur un produit qui pouvait les intĂ©resser, et de les guider dans un processus d'achat. Ainsi, jusqu'Ă  la fin du XIXe siĂšcle, la publicitĂ©, telle que nous la pensons aujourd'hui, n'existe quasiment pas. On observe dans la presse des annonces, des textes dĂ©crivant physiquement un produit, et indiquant son prix et sa disponibilitĂ©. Lorsque ces annonces dĂ©ploient un argumentaire, celui-ci est descriptif et technique, centrĂ© sur l'objet mĂȘme. »13 Les publicitaires d'aujourd'hui rĂ©pĂštent que leurs crĂ©ations ne font rien de plus qu'informer14. Or, en analysant les contenus des publicitĂ©s, on constate que la dimension informative est trĂšs faible. Des recherches ont essayé de quantifier combien d’éléments d’information économique et de signaux persuasifs sont contenus dans les publicités. Elles indiquent que presque 90% des messages publicitaires aux USA, en particulier à la télévision, ne contiennent aucune information. »15 En France, on peut noter que de plus en plus de campagnes publicitaires en extĂ©rieur ne contiennent elles non plus aucune information, voire aucun message. Pas mĂȘme le nom du produit ou de l’enseigne qui le vend. publicitĂ© pour McDonald's 2018, affichĂ©e en extĂ©rieur Pour Philippe Breton, la dimension manipulatrice dans la publicitĂ© tiendrait prĂ©cisĂ©ment Ă  ce dĂ©faut d'information il y a des publicitĂ©s qui informent, et d'autres qui manipulent. Peu de publicitĂ©s sont dans la zone grise » entre manipulation et information. L'exemple le plus Ă©vident d'une publicitĂ© manipulatrice Ă©tant l'association d'une marque ou d’un produit Ă  un stimulus positif qui n'a finalement rien Ă  voir avec le produit. Cela arrive trĂšs souvent avec des corps, notamment des corps de femmes. Le lĂ©gislateur gagnerait Ă  se servir de ce critĂšre et Ă  dĂ©finir prĂ©cisĂ©ment ce qui relĂšve d'une information et ce qui n'en est pas16. PublicitĂ© pour le soda Orangina. Ici on associe des animaux sexualisĂ©s avec une boisson gazeuse, sans qu'il n'existe aucun rapport entre les deux. Ne pas donner d'information sur un produit permet de lier une marque ou un produit Ă  des valeurs, des modĂšles, des personnalitĂ©s ou des styles de vie » lifestyles », et par lĂ  de lui crĂ©er une forme d'identitĂ©. Le rĂŽle de la publicitĂ© n'[est] plus d'annoncer l'existence du produit, mais d'Ă©laborer une image autour de la version d'une marque particuliĂšre »17. C'est ce qu'on appelle le branding », ou storytelling », procĂ©dĂ© permettant de donner une image particuliĂšre Ă  la marque ou au produit vendu, et ainsi le distinguer de ses concurrents. Les consommateurrices qui se retrouveront dans ces valeurs auront ainsi plus de probabilitĂ©s d'ĂȘtre fidĂ©lisĂ©es Ă  la marque. Les potentielles clientes s'identifiant Ă  cette marque ou Ă  une autre auront ainsi tendance Ă  acheter d'autres produits de la mĂȘme marque, y projetteront des affects et s'opposeront Ă  d’autres marques concurrentes alors mĂȘme qu'elles sont parfois possĂ©dĂ©es par un seul et mĂȘme groupe financier18. Les choix de consommation deviennent ainsi constitutifs de l'identitĂ©. C'est encore un exemple de technique manipulatoire, car l'association entre ces lifestyles et le produit n'existent que par l'action des communicantes. L'utilisation des biais cognitifs La manipulation dans le discours publicitaire peut prendre diffĂ©rentes formes mais repose toujours, comme nous l'avons vu, sur l'utilisation de techniques comportementales. Ces techniques de fabrication du consentement »19 reposent sur l'exploitation de connaissances approfondies sur la maniĂšre dont se prennent les dĂ©cisions, et font donc appel Ă  des notions de psychologie, sociologie et neurosciences. La condition sine qua non de l'efficacitĂ© des mĂ©canismes associant un produit ou une marque Ă  des valeurs est la rĂ©pĂ©tition. Mehdi Khamassi, chercheur en sciences cognitives au CNRS, explique que celle-ci active des biais cognitifs. Les plus connus sont les rĂ©flexes pavloviens, mais ils ne reprĂ©sentent qu'une petite partie de tous ces biais dont on ne peut pas se dĂ©faire, comme par exemple l'effet de simple exposition »20, Ă  la base du matraquage publicitaire. Lorsque l'on est exposĂ©e Ă  un stimulus plus d'une quinzaine de fois, celui-ci nous semble plus familier, et nous sommes alors plus favorablement disposĂ©es Ă  son Ă©gard. Les chercheurses en psychologie sociale insistent d'ailleurs sur l'importance de la familiaritĂ© en tant que telle. »21 Actuellement, nous sommes exposĂ©es en moyenne Ă  plus de 15 000 stimuli commerciaux par jour incluant les logos22. Quiconque en a les moyens peut donc, en utilisant le systĂšme publicitaire, familiariser toute une population Ă  un produit, une marque, une idĂ©e ou mĂȘme une personnalitĂ©. La technique sera encore plus efficace si la personne n'a mĂȘme pas conscience de recevoir un message commercial. C'est sur ce principe que reposent les images subliminales, qui n'ont d'ailleurs Ă©tĂ© que trĂšs peu utilisĂ©es par l'industrie publicitaire car rapidement interdites. Mais d'autres techniques existent et sont autorisĂ©es, tout aussi efficaces selon les chercheurses en psychologie le liminal auquel on ne porte aucune attention peut avoir les mĂȘmes effets »23. Le placement de produit en est un exemple trĂšs connu et mĂȘme socialement acceptĂ© cela consiste Ă  placer » la marque d'un produit, ou un produit dont la marque est apparente, ou Ă©vidente, dans un contexte non publicitaire. Ce contexte peut ĂȘtre mĂ©diatique, culturel, ludique, etc. un film donc, mais aussi un reportage, une Ă©mission de tĂ©lĂ©vision, un roman[24], un jeu vidĂ©o, une chanson et mĂȘme... un tableau. »25 Cette technique permet de toucher des audiences importantes, mais aussi et surtout de passer outre les mĂ©canismes conscients de dĂ©fense. Ainsi, mĂȘme quand on ne les remarque pas, ces publicitĂ©s ont une influence sur notre perception du produit ou de la marque, et ce jusqu'Ă  plusieurs semaines aprĂšs perception du message. Les psychologues dĂ©crivent cela comme un transfert de la positivitĂ© du contexte scĂšne, situation, visages, etc. sur la marque ou sur le produit qui s'y trouve, apparemment par hasard. »26 Au niveau lĂ©gislatif, le placement de produit est encadrĂ© pour les Ă©missions de tĂ©lĂ©vision et les vidĂ©oclips, mais pas pour les films de cinĂ©ma ni les autres mĂ©dias. L'arrivĂ©e des Big Data » permet une connaissance encore plus fine de notre psychologie et donc une exploitation encore plus efficace de nos biais cognitifs. À partir de nos dĂ©placements gĂ©olocalisĂ©s, de notre navigation sur Internet, de nos centres d'intĂ©rĂȘt sur Twitter ou de nos likes » Facebook, des algorithmes en dĂ©duisent sur des bases statistiques nos opinions politiques, nos prĂ©fĂ©rences d'achat... sans mĂȘme que nous en soyons conscientes. L'analyse de nos comportements passĂ©s permet ainsi de prĂ©dire les comportements futurs, et surtout de les influencer. C'est ce que les chercheurses Antoinette Rouvroy et Thomas Berns ont appelĂ© la gouvernementalitĂ© algorithmique, c'est-Ă -dire la rĂ©colte, l'agrĂ©gation et l'analyse automatisĂ©e de donnĂ©es en quantitĂ©s massives, de maniĂšre Ă  modĂ©liser, anticiper et affecter par avance les comportements possibles »27. Les publicitaires se sont immĂ©diatement ruĂ©s sur les nouvelles possibilitĂ©s offertes par ces technologies, en crĂ©ant de nouvelles techniques manipulatoires, comme le smart marketing », marketing individualisĂ© », ou encore le dynamic pricing », c'est-Ă -dire l'adaptation des prix en temps rĂ©el Ă  l'offre et la demande. L'objectif n'est pas tant d'adapter l'offre aux dĂ©sirs spontanĂ©s pour peu qu'une telle chose existe des individus, mais plutĂŽt d'adapter les dĂ©sirs des individus Ă  l'offre, en adaptant les stratĂ©gies de vente la maniĂšre de prĂ©senter le produit, d'en fixer le prix... au profil de chacun. » Un exemple de dynamic pricing vous regardez un billet de train, et quand vous y retournez, quelques heures ou mĂȘme quelques minutes plus tard, le prix du billet a augmentĂ©. Le but est de crĂ©er un sentiment d'urgence, et d'ainsi susciter l'acte d'achat, sur le mode de la rĂ©ponse-rĂ©flexe Ă  un stimulus d'alerte court-circuitant la rĂ©flexivitĂ© individuelle et la formation du dĂ©sir singulier. »28 La mĂȘme rĂ©action Ă  l'urgence est exploitĂ©e lors de grandes opĂ©rations marketing comme le Black Friday » ou les soldes l'usage de prix de rĂ©fĂ©rence artificiellement gonflĂ©s permet de mettre en scĂšne des "dĂ©marques" importantes, mais disponibles seulement pendant 24h, et ainsi d'accĂ©lĂ©rer la dĂ©cision d'achat. Comme le rappelle Mehdi Khamassi, ces biais cognitifs29 sont dus au fonctionnement mĂȘme de notre cerveau. Il est bien sĂ»r possible, en faisant des efforts, de s'en prĂ©munir, mais il est impossible d'avoir une vigilance de chaque instant, surtout lorsqu'on voit l'asymĂ©trie entre les moyens dĂ©ployĂ©s par l'industrie publicitaire 1500 Milliards de dollars de budget de communication mondial en 201930, 530 milliards juste pour la publicitĂ© et le manque de formation des individus Ă  dĂ©crypter les discours manipulateurs et donc Ă  s'en prĂ©munir31. Les effets de la manipulation ...Mais la manipulation, ça marche ? Ces diffĂ©rents exemples peuvent laisser l'impression que la publicitĂ© est toute-puissante. Cependant, une telle conclusion demande Ă  ĂȘtre nuancĂ©e. En effet, les rĂ©sultats scientifiques prĂ©sentĂ©s plus haut sont thĂ©oriques, et ne prennent pas en compte le contexte de rĂ©ception32. Les techniques manipulatoires utilisĂ©es par la publicitĂ© et le marketing, bien que puissantes, s'inscrivent dans un Ă©ventail d'autres facteurs d'influence incontrĂŽlables, notamment la socialisation des consommateurrices et les idĂ©es ou habitudes ancrĂ©es dans leur culture. Anthony Galluzzo insiste sur le fait que lorsqu'un produit se vend bien, c'est souvent grĂące Ă  d'autres variables du mix marketing, peu discutĂ©es car moins perceptibles ; le rapport de forces avec les distributeurs, qui conditionne la valorisation du produit dans les linĂ©aires, l'importance et l'efficacitĂ© de la force de vente, les techniques de promotion, la planification des ventes, l'innovation produit, la politique de prix, le packaging...33 Les dĂ©fenseurs de la publicitĂ© insistent d'ailleurs sur le taux d'Ă©chec particuliĂšrement Ă©levĂ© des nouveaux produits qui sont rĂ©guliĂšrement lancĂ©s sur le marchĂ©. »34 Galluzzo critique d'ailleurs les mythes de manipulateurs omnipotents que se sont construits des personnages comme Edward Bernays, dont l'image publique de scientifique tout-puissant rĂ©sultait largement des discours que ce dernier produisait sur lui-mĂȘme, dans le souci de vendre ses services aux industriels Ă©tats-uniens. Cette image s'est en fait fondĂ©e sur l'accaparement de changements sociĂ©taux dĂ©jĂ  en cours. Lorsque les documentaires retracent ses rĂ©alisations faire fumer les femmes, inventer la tradition du breakfast Ă©tats-unien... ils ont en fait pour source quasi-unique... la bibliographie de Bernays. Bernays et d'autres experts en relations publiques », Ă©taient des consultants se mettre en scĂšne tels des oracles surpuissants leur permettait de faire grossir leur carnet de commandes »35. Ainsi, il est nĂ©cessaire de ne pas caricaturer la manipulation, par une approche mĂ©caniste de la production de dĂ©sirs une publicitĂ© faisant naĂźtre un dĂ©sir, qui engendre un acte d’achat. La rĂ©alitĂ© est plus complexe, car le consumĂ©risme est une culture dans laquelle nous baignons en permanence, et qui nous influence bien au-delĂ  du dĂ©sir ou de l’achat. Les consĂ©quences des techniques manipulatoires ne se limitent pas, comme nous allons le voir, Ă  cette question binaire est-ce que la manipulation a marchĂ© ? » La manipulation a d'autres effets, indirects, qu'il est nĂ©cessaire d'analyser. La promotion omniprĂ©sente d'une culture de consommation » À ces deux premiers niveaux de discours que sont l'information et la persuasion, il faut en ajouter un troisiĂšme le rĂŽle de banalisation et de naturalisation de la sociĂ©tĂ© de consommation. Chaque publicitĂ©, en plus d'informer et/ou de tenter d'influencer le processus d'achat, s'inscrit dans un ensemble d'autres publicitĂ©s allant toutes dans le mĂȘme sens, prĂ©sentant les mĂȘmes sujets, les mĂȘmes thĂšmes, et venant finalement Ă  former un discours cohĂ©rent de valorisation de la consommation, omniprĂ©sent dans la sociĂ©tĂ©. Par les sujets mis en scĂšne les loisirs et l'extrĂȘme richesse » et par ceux qu'au contraire elle invisibilise les vieux objets, le monde de la production et du travail », la publicitĂ© sĂ©lectionne des comportements, attitudes et valeurs favorables Ă  l'intĂ©rĂȘt marchand », et crĂ©e un imaginaire ni rĂ©aliste ni tout Ă  fait fictionnel, sans fractures ni aspĂ©ritĂ©s, qui idĂ©alise le consommateur et cĂ©lĂšbre le confort matĂ©riel d'une vaste middle-class, qui s'impose Ă  la totalitĂ© de l'espace social »36. C’est ce que Michael Schudson appelle le rĂ©alisme capitaliste »37. Ainsi, indĂ©pendamment de la rĂ©ussite ou non d'une campagne publicitaire, cette derniĂšre contribuera un peu plus Ă  implanter et normaliser la culture de la consommation ». La publicitĂ©, en tant qu'outil employable par une entreprise pour Ă©couler ses produits sur un marchĂ©, est potentiellement inopĂ©rante. [...] Cela n'implique pas, cependant, l'impuissance du discours marchand Ă  l'Ă©chelle collective et idĂ©ologique. La force du discours publicitaire rĂ©side dans ses effets cumulatifs et normatifs. La publicitĂ© ou, plus largement, le discours mĂ©diatico-marchand peuvent ĂȘtre dĂ©finis comme un corps de doctrine », l'expression d'une façon de concevoir les valeurs de l'existence et les catĂ©gories de l' Qu'elle fasse augmenter ou non les ventes d'un produit, chaque publicitĂ© participe de la normalisation du consumĂ©risme. Ce message rĂ©pĂ©tĂ© relĂšve, comme nous l'avons vu plus haut, de techniques manipulatoires omniprĂ©sent Ă  tous les niveaux de la sociĂ©tĂ©, il se diffuse sans mĂȘme ĂȘtre identifiĂ© comme tel, passant plutĂŽt comme une composante naturelle » de la sociĂ©tĂ©. Ainsi, ce discours-monopole » impose son agenda, fait et dĂ©fait les modes, et naturalise la consommation comme composante innĂ©e de la sociĂ©tĂ© et fondement du bonheur individuel. Il crĂ©e donc Ă  proprement parler une image du rĂ©el qui a l'air d'ĂȘtre le rĂ©el »39, ce qui est pour Philippe Breton l'essence mĂȘme de la manipulation. En plus d’ĂȘtre omniprĂ©sente, cette culture de la consommation se nie comme manipulation. On le remarque Ă  l'omniprĂ©sence d'un discours vantant la libertĂ© dans le discours publicitaire. Ce discours a notamment Ă©tĂ© analysĂ© par Jean-LĂ©on Beauvois dans l'essai Les illusions libĂ©rales, individualisme et pouvoir social40 oĂč il constate l'omniprĂ©sence des injonctions Ă  la libertĂ© dans la sociĂ©tĂ© capitaliste, et les rapproche de ce concept de soumission librement consentie » dĂ©jĂ  dĂ©veloppĂ© dans d'autres ouvrages. Ainsi, cette injonction constante dans les slogans renforcerait le sentiment de libertĂ© » chez les citoyennes/consommateurrices, les rendant plus permĂ©ables aux techniques manipulatoires des publicitaires. Cet appel constant au libre arbitre et Ă  la libertĂ© des consommateurrices revient aussi dans les discours officiels de l'industrie publicitaire, dĂ©clarations paradoxales venant d'une industrie qui utilise Ă  grande Ă©chelle les savoirs et techniques qui reposent sur la nĂ©gation de ce concept41. Ainsi, on lit dans une tribune rĂ©digĂ©e par un publicitaire que Le rĂ©cepteur n’est pas cet ĂȘtre incapable de discernement, et qui doit ĂȘtre protĂ©gĂ© ». Le consommateur, ce n’est pas l’autre, ce n’est pas un imbĂ©cile manipulable Ă  merci le consommateur, c’est soi-mĂȘme. 
 Jamais n’est Ă©voquĂ©e une Ă©ventuelle intelligence du rĂ©cepteur. Et si par hasard ce consommateur savait ce qu’il fait ?42 L'impact des discours manipulatoires sur la sociĂ©tĂ© Selon Philippe Breton, mĂȘme si la manipulation ne fonctionnait pas, mĂȘme si les citoyennes n'acceptaient pas la culture de la consommation » vĂ©hiculĂ©e par la publicitĂ©, l'omniprĂ©sence des discours manipulĂ©s dans la sphĂšre publique serait tout de mĂȘme problĂ©matique pour la dĂ©mocratie, car elle crĂ©e un climat de mĂ©fiance, un doute constant envers la parole publique. Cette mĂ©fiance pose problĂšme car, dans un rĂ©gime dĂ©mocratique, l'action politique, dans la mesure oĂč elle ne participe pas de la violence, s'exerce gĂ©nĂ©ralement au moyen du langage. »43 Si la parole publique perd sa lĂ©gitimitĂ©, c'est donc la possibilitĂ© mĂȘme du dĂ©bat dĂ©mocratique qui disparaĂźt. La philosophe Hannah Arendt dans toute son Ɠuvre, soulignait dĂ©jĂ  l'importance que prenaient le mensonge public et la manipulation dans le glissement d'une dĂ©mocratie vers des formes d'oligarchie voire de totalitarisme, analyse qu'elle rĂ©sume dans une interview de 1974 Quand tout le monde vous ment en permanence, le rĂ©sultat n'est pas que vous croyez ces mensonges, mais que plus personne ne croit rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privĂ© non seulement de sa capacitĂ© d'agir, mais aussi de sa capacitĂ© de penser et de juger44. Elle avait aussi dĂ©veloppĂ© cette idĂ©e dans son article VĂ©ritĂ© et Politique »45. Partant du postulat de James Madison que tous les gouvernements du monde reposent sur l'opinion »46 et que les faits sont la matiĂšre des opinions », elle en dĂ©duisait que la libertĂ© d'opinion est une farce si l'information sur les faits n'est pas garantie, et si ce ne sont pas les faits eux-mĂȘmes qui font l'objet du dĂ©bat. »47 Le dĂ©bat permet de se mettre Ă  la place de l'autre, d'entendre ses arguments, son vĂ©cu, et d'accĂ©der Ă  ce qu'Arendt appelle une mentalitĂ© Ă©largie », c'est-Ă -dire une opinion prenant en compte d'autres opinions, d'autres visions du monde. En effet pour elle, la qualitĂ© mĂȘme d'une opinion, aussi bien que d'un jugement, dĂ©pend de son degrĂ© d'impartialitĂ©. »48 Son analyse semble encore aujourd'hui trĂšs pertinente lorsqu'on voit que la fabrique du doute » est une des stratĂ©gies centrales de certaines grandes entreprises pour retarder ou annuler des lois contraignant la vente de leurs produits49. Certaines marques alimentent voire crĂ©ent des controverses scientifiques afin de continuer Ă  vendre des produits nocifs pour la santĂ© ou l'environnement tabac, fast-food, alcool, dĂ©sherbants...50. Ces multinationales montent des think tanks, des maisons d'Ă©ditions et des revues scientifiques51 afin de diffuser des Ă©tudes qui contredisent les Ă©tudes dĂ©jĂ  existantes, leur permettant de prolonger le plus longtemps possible la vente de produits nocifs tout en ayant l’air d’autoritĂ©s politique, c'est ce qu'on a pu voir notamment aux États-Unis avec l'utilisation par Donald Trump de faits alternatifs » alternative facts ou la gĂ©nĂ©ralisation des fake news sur Internet, et leur poids dans le dĂ©bat public. En France, Eric Zemmour multiplie les interventions tĂ©lĂ©visĂ©es, avançant avec un air de conviction inĂ©branlable des chiffres inventĂ©s, rĂ©pĂ©tant Ă  l’envi des thĂšmes qui se diffusent dans la sociĂ©tĂ©, par simple habitude de les entendre. De fait, le problĂšme des techniques manipulatoires ne se limite pas Ă  la publicitĂ©. Les techniques manipulatoires que celle-ci utilise se sont transmises peu Ă  peu Ă  tous les espaces du domaine public, de la politique aux mĂ©dias en passant par l’Internet. En politique, les candidates ne peuvent plus se passer de leurs conseilleres en communication. Pour AgnĂšs Chauveau, maĂźtresse des confĂ©rences Ă  l'universitĂ© de Paris X-Nanterre, le marketing politique et l'influence des conseilleres en communication commencent en France en 1965, quand Jean Lecanuet, auparavant presque inconnu du grand public, reçoit 16% des suffrages exprimĂ©s Ă  l'Ă©lection prĂ©sidentielle. Il avait menĂ© sa campagne en utilisant les techniques publicitaires de l'affichage et les spots tĂ©lĂ©visuels, suivant les conseils de l'agence Services et MĂ©thodes, dirigĂ©e par Michel Bongrand52. À partir de lĂ , les conseilleres en communication sont omniprĂ©sentes dans les campagnes, en France comme aux États-Unis. Les techniques de storytelling, de manipulation par le langage, ou de nudge »53, directement importĂ©es du monde de l'industrie, prennent toute la place dans la communication politique, faisant primer la personnalitĂ© des candidates sur leurs programmes et leur volontĂ© de les rĂ©aliser54. Que ces techniques fonctionnent ou non, elles ont contribuĂ© Ă  crĂ©er de nouvelles formes de reprĂ©sentation de la politique » crĂ©ations de plans mĂ©dias », langage simplifiĂ©, phrases courtes, goĂ»t de la formule, gestuelle policĂ©e », mise en avant du corps des candidates55. Le langage politique qui reposait auparavant sur un enchaĂźnement d'arguments devient celui de la publicitĂ©, des slogans. Comme le dĂ©crit avec cynisme Guy Durandin, enseignant-chercheur en psychologie sociale spĂ©cialisĂ© dans les questions de propagande et de publicitĂ©, les candidats [
] savent que s'ils parviennent au pouvoir, ils n'auront en rĂ©alitĂ© qu'une marge de manƓuvre limitĂ©e. Dans ces conditions, les programmes politiques sont, comme les produits, relativement peu diffĂ©rents les uns des autres. Sur quoi va alors se porter la diffĂ©renciation ? Sur la personnalitĂ© et l'image » du Les techniques manipulatoires mises au point par des publicitaires ont transformĂ© la communication politique, remplaçant le dĂ©bat public sur des choix politiques ou sociĂ©taux par des campagnes de communication centrĂ©es sur la personnalitĂ© ou le corps des candidates. Le problĂšme est d'autant plus grave que les mĂ©dias, canaux par lesquels les citoyennes devraient pouvoir s'informer, recourent Ă©galement Ă  des techniques manipulatoires. En effet, de nombreux mĂ©dias sont dĂ©pendants de la publicitĂ© pour leur Ă©quilibre financier. Or le choix pour un mĂ©dia d'ĂȘtre financĂ© par la publicitĂ© n'est pas neutre en acceptant ce modĂšle Ă©conomique, il passe d'un média qui cherche à vendre ses articles et informations à son public à un média qui cherche à vendre son public aux annonceurs57. Les mĂ©dias permettent aux communicantes, publicitaires ou non, d'intĂ©grer leurs messages au milieu d'articles ou de contenus d'information. De mĂȘme que dans le placement de produit, il y a un transfert de positivitĂ© »58 du mĂ©dia vers la marque ou le produit promu dans la publicitĂ©, la publicitĂ© va bĂ©nĂ©ficier d’un environnement non marchand qui transforme son message et rend sa nature publicitaire moins sensible. La plupart des mĂ©dias vont mĂȘme jusqu'Ă  intĂ©grer des contenus sponsorisĂ©s dans leur charte graphique. Cette technique nommĂ©e publicitĂ© native » native advertising » empĂȘche les lecteurrices de bien identifier le message comme publicitaire, et les rend donc plus facilement permĂ©ables Ă  ce message. On reconnaĂźt lĂ  encore la marque d'une technique manipulatoire. Une Ă©tude de l'universitĂ© de Stanford de 2016 montrait que 82% des 7804 Ă©tudiantes de l'universitĂ© ne faisaient pas la diffĂ©rence entre une information et un contenu sponsorisĂ© sur la page d'accueil du site La collusion va parfois plus loin les articles ne sont pas toujours Ă©crits par des journalistes, mais peuvent ĂȘtre des reprises directes de communiquĂ©s de l'industrie. Aux États-Unis, cela reprĂ©senterait de 40 Ă  70% de l'ensemble de l'information diffusĂ©e »60. En France, des mĂ©dias » en ligne comme MinuteBuzz ou Konbini ont pour unique but de crĂ©er des contenus dans lesquels vont s'intĂ©grer les messages publicitaires de leurs clients Orange finance la rubrique d’actualitĂ©s photographiques, la boisson gazeuse amĂ©ricaine subventionne la section Football Stories, d’ailleurs surtitrĂ©e Savoure le football pop avec Coca-Cola et Konbini ». La censure ne se cache pas. À propos de la Coupe du monde de football au Qatar, on voulait faire un article concernant les conditions de travail sur les chantiers, relate Basile, rĂ©dacteur pendant trois ans Ă  Konbini. La rĂ©dactrice en chef a refusĂ©, parce que Coca n’aurait pas acceptĂ© un tel De telles techniques permettent encore une fois de passer outre les dĂ©fenses conscientes du public et de donner de la crĂ©dibilitĂ© Ă  des informations qui n'en auraient pas si elles Ă©taient prĂ©sentĂ©es comme ce qu'elles sont des communiquĂ©s de marque. Elles posent surtout de graves problĂšmes de dĂ©mocratie, confirmant l'analyse d'Hannah Arendt et Philippe Breton. Qui croire, lorsque mĂȘme les mĂ©dias – supposĂ©s ĂȘtre, selon l'expression de Dominique Cardon, des gatekeepers », c'est-Ă -dire les autoritĂ©s lĂ©gitimes qui trient les vraies et fausses informations afin de donner une image la plus neutre possible du monde – sont en fait structurellement dĂ©pendants d'intĂ©rĂȘts financiers ? L'utilisation des techniques de manipulation dans la publicitĂ© est donc dangereuse en soi, c'est-Ă -dire indĂ©pendamment des messages promus. Ce parce qu'elle nous bombarde de messages qui ne sont ni vrais, ni faux, et font perdre toute pertinence Ă  ces notions pourtant indispensables Ă  la tenue d'un dĂ©bat. Ces analyses nous permettent d’établir une distinction entre message informatif et message manipulatoire en publicitĂ©. Un message publicitaire dont le contenu est informatif et qui ne se dissimule pas comme message publicitaire n'est pas manipulatoire. Cependant, ces messages sont trĂšs rares actuellement. Le systĂšme publicitaire actuel repose en effet sur l'utilisation massive de techniques qui sont indĂ©niablement manipulatoires, que ce soit dans le fond des messages aucune information, associations des produits Ă  des valeurs ou des stimuli qui n'ont rien Ă  voir avec le produit... ou dans la maniĂšre dont ceux-ci s'insĂšrent dans l'espace public rĂ©pĂ©tition des messages, intĂ©gration des publicitĂ©s dans des espaces non-publicitaires.... Ces techniques permettent de contourner le jugement et la perception des individus en exploitant leurs biais cognitifs. Le systĂšme publicitaire repose donc bien actuellement sur la manipulation pour exercer son influence. L'asymĂ©trie entre les budgets publicitaires colossaux et le manque d'Ă©ducation des citoyennes sur la communication et ses techniques nous rend vulnĂ©rables Ă  ces messages. De plus, l'imposition par la publicitĂ© de ces techniques dans toutes les sphĂšres de l'espace public espaces physiques dĂ©signĂ©s comme publicitaires, mais aussi mĂ©dias ou Internet62 a des effets sociĂ©taux importants, les rendant directement nocives pour l'environnement et la dĂ©mocratie. Au-delĂ  de la rĂ©ussite ou non de ces manipulations, la rĂ©pĂ©tition de messages poussant Ă  la consommation crĂ©e une normalisation et une survalorisation de celle-ci. MĂȘme une publicitĂ© pour un produit bio » ou Ă©thique » fait baigner les rĂ©cepteurrices du message dans une injonction perpĂ©tuelle Ă  consommer, et participe Ă  enrichir cette culture de consommation ». Le rĂ©sultat est que celle-ci passe pour naturelle et bonne en soi, indĂ©pendamment des produits promus. Or une surconsommation, mĂȘme de produits biologiques ou Ă©thiques, reste une menace pour la planĂšte. Enfin, en normalisant l'usage de ces techniques manipulatoires dans l'espace public, la publicitĂ© menace les conditions d'un vrai dĂ©bat dĂ©mocratique. Cette gĂ©nĂ©ralisation de la manipulation brouille la frontiĂšre entre vrai et faux dans l'esprit des citoyennes, et crĂ©e un doute permanent dans la parole publique. Ce doute empĂȘche le dĂ©bat car celui-ci ne peut plus reposer sur des faits, qui sont Ă  chaque fois mis en doute. Tout cela pose de graves problĂšmes, car le dĂ©bat est la condition mĂȘme d'un rĂ©gime dĂ©mocratique. Sans dĂ©bat, les dĂ©cisions politiques ne sont plus prises en fonction du bien commun, mais en fonction des relations de pouvoir dĂ©jĂ  existantes. La question de la manipulation dans la publicitĂ© touche donc Ă  la possibilitĂ© mĂȘme d'un rĂ©gime dĂ©mocratique, et est particuliĂšrement brĂ»lante dans ce moment d'urgence Ă©cologique et de fascisation de la droite française. À l'heure oĂč le monde de la publicitĂ©, critiquĂ© pour ses injonctions Ă  la surconsommation, prĂ©tend ĂȘtre le bras armĂ© de la transition Ă©cologique »63, il nous semble indispensable de crĂ©er un cadre lĂ©gal normatif et contraignant pour limiter le plus possible l'utilisation de ces techniques manipulatoires et reconnaĂźtre la libertĂ© de non- BRETON, La Parole ManipulĂ©e, 1997, La DĂ©couverte, p. 112Robert-Vincent JOULE et Jean-LĂ©on BEAUVOIS, Petit traitĂ© de manipulation Ă  l'usage des honnĂȘtes gens, Nouvelle version, 2014, Presses Universitaires de Grenoble, JOULE et Jean-LĂ©on BEAUVOIS, La soumission librement consentie, 1998, Presses Universitaires de France4Philippe BRETON, La Parole ManipulĂ©e, op. cit., p. 245Robert-Vincent JOULE et Jean-LĂ©on BEAUVOIS, Petit traitĂ©, op. cit., p. 2916Philippe BRETON, La Parole ManipulĂ©e, op. JOULE et Jean-LĂ©on BEAUVOIS, Petit traitĂ©, op. B. HARRIS, The effects of performing one altruistic act on the likelihood another », Journal of Social Psychology, 88, p. 65-739Robert-Vincent JOULE et Jean-LĂ©on BEAUVOIS, La soumission librement consentie, op. cit., FAVIER, Dopamine, Ă©pisode 3 Candy Crush », Arte 2019 MAUCO, Le marchĂ© des identitĂ©s virtuelles dans le jeu vidĂ©o », in La Revue Lacanienne, 2020/I n°21, p. 139 Ă  15112Interview de Philippe BRETON par Alexandre PICART, Il faut appeler à une moralisation de la publicité », Le Monde, 9 septembre 2004 GALUZZO, La Fabrique du consommateur, 2020, Ă©ditions Zones La DĂ©couverte, p. 17014On lit par exemple dans la tribune Avant d'interdire » Les entreprises travaillent Ă  des dispositifs d’information sur l’impact environnemental de leurs produits pour les rendre encore plus pertinents et fiables, et la publicitĂ© pourrait ĂȘtre un vecteur de diffusion trĂšs efficace de ces informations. » tribune publiĂ©e le 05/10/2020 par des professionnelles de la communication Mercedes ERRA, Franck GERVAIS, Laurent HABIB TURINO, chercheur à l’Université d’Alicante, Advertising and the Aggregate Economy a Critical View on the Available Evidence», conférence donnée au colloque SPIM De l’industrie publicitaire aux relations publiques, les outils d’influence des multinationales», 29-30 Mai 2018. Institut des sciences de la communication, Paris. Lien vers la vidéo de l’intervention de Philippe BRETON par Alexandre PICART, op. KLEIN, No Logo, La tyrannie des marques, Ă©dition augmentĂ©e, 2001, Actes Sud, p. 3318Ainsi, Axe et Dove, deux marques de dĂ©odorants des annĂ©es 1990-2000, se sont créées deux identitĂ©s opposĂ©es, Axe se vantant d'augmenter le pouvoir de sĂ©duction, la virilitĂ©, etc., pendant que Dove se construisait une image fĂ©ministe, valorisant tous les types de beautĂ©. Les deux Ă©taient possĂ©dĂ©es par le mĂȘme groupe, Unilever. cf. Naomi KLEIN, No Logo, op. CHOMSKY, Edward HERMAN, La fabrication du consentement. De la propagande mĂ©diatique en dĂ©mocratie, Marseille, Agone, 200820 JOULE et Jean-LĂ©on BEAUVOIS, Petit traitĂ© , op. cit. p. 27522Source et analyse dĂ©taillĂ©e des diffĂ©rentes mĂ©thodologies utilisĂ©es pour dĂ©finir la pression publicitaire JOULE et Jean-LĂ©on BEAUVOIS, Petit traitĂ©, op. cit., p. 27824Balzac a Ă©tĂ© un des premiers Ă  faire du placement de produit, en plaçant dans ses romans ses fournisseurs tout en leur accolant des Ă©pithĂštes flatteurs, allant mĂȘme jusqu'Ă  donner l'adresse de certains. Source CLOUZOT et VALENSI, Le Paris de la comĂ©die humaine. CitĂ© par W. BENJAMIN dans Paris capitale du XIXe siĂšcle25Robert-Vincent JOULE et Jean-LĂ©on BEAUVOIS, Petit traitĂ©, op. cit., p. 26426ibid, p. 26927Antoinette ROUVROY et Thomas BERNS, GouvernementalitĂ© algorithmique et perspectives d'Ă©mancipation. Le disparate comme condition d'individuation par la relation ? », RĂ©seaux, vol. 177, no. 1, 2013, p. 163-196 ROUVROY et Thomas BERNS, op. plus d'informations sur les biais cognitifs, voir l'article Libre arbitre et publicitĂ© gĂ©nĂ©alogie d’un double discours » de l'association RĂ©sistance Ă  l'Agression Publicitaire FOSSARD, BIG CORPO Encadrer la pub et l'influence des multinationales un impĂ©ratif Ă©cologique et dĂ©mocratique, 202031Mehdi KHAMASSI, constat partagĂ© par Philippe BRETON, voir La Parole ManipulĂ©e, op. BRETON, Serge PROULX, L'Explosion de la communication, Introduction aux thĂ©ories et pratiques de la communication, La DĂ©couverte, 200233Anthony GALLUZZO, op. cit., p. 16734ibid, p. 17735Ibid, p. 16736Ibid, p. 17637Michael SCHUDSON, Advertising, the uneasy persuasion. Its dubious impact on American society, Basic Books, New York, 198338ibid, p. 17739Philippe BRETON, La parole manipulĂ©e, op. cit., p. 1840Jean-LĂ©on BEAUVOIS, Les illusions libĂ©rales, individualisme et pouvoir social, 2005, Presses Universitaires de Grenoble41Sur ce sujet, voir notre article Libre arbitre et publicitĂ© gĂ©nĂ©alogie d'un double discours » issue de la tribune PublicitĂ©s et nouvelles censures. La publicitĂ©, nouveau bouc Ă©missaire » publiĂ©e par le ComitĂ© d'Éthique Publicitaire, organe associĂ© Ă  l'Agence de RĂ©gulation Professionnelle de la PublicitĂ© ARPP ARENDT, La Condition de l'homme moderne, Ă©dition Pocket, 1958, p. 6344Hannah ARENDT, interview avec Roger ERRERA, NY Review of Books, 197445in Hannah ARENDT, La Crise de la Culture, Ă©ditions Folio, 196846James MADISON, The Federalist, citĂ© par Hannah Arendt dans VĂ©ritĂ© et Politique, op. ARENDT, VĂ©ritĂ© et Politique », op. cit., p. 30348Ibid, p. 30849Franck CUVEILLIER & Pascal VASSELIN, La Fabrique de l'Ignorance, Arte, 202050Voir Erik CONWAY et Naomi ORESKES, Les Marchands de doute, éd. Le Pommier, coll. Essais et documents », Paris 2012 ; Stéphane HOREL, Lobbytomie Comment les lobbies empoisonnent nos vies et la démocratie, éd. La découverte, Paris HOREL cite souvent la revue Regulatory Toxicology and Pharmacie comme un tel CHAUVEAU, L'homme politique et la tĂ©lĂ©vision. L'influence des conseillers en communication », VingtiĂšme SiĂšcle. Revue d'histoire, vol. no 80, no. 4, 2003, pp. 89-100. terme nudge » a deux sens, celui du coup de pouce pour attirer discrĂštement l'attention de son voisin, ou celui du coup de pouce pour l'encourager Ă  prendre la bonne dĂ©cision », David COLON, op. cit., p. 13654David COLON, op. cit., p. 161-17155AgnĂšs CHAUVEAU, op. DURANDIN, L'information, la dĂ©sinformation et la rĂ©alitĂ©, 1993, Presses Universitaires de France57"Ce que nous vendons à Coca Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible" disait l'ancien PDG de TF1, Patrick Le Lay JOULE, Jean-LĂ©on BEAUVOIS, Petit TraitĂ©, op. cit., p. 26959Stanford History Education Group, Evaluating information the cornerstone of civic online reasoning », 22 novembre 201660David COLON, op. cit., EUSTACHE et Jessica TROCHET, De l'information au piĂšge Ă  clics », Le Monde Diplomatique, aoĂ»t 2017, Zuckerman, fondateur de la fenĂȘtre pop-up et chercheur au MIT, dĂ©clare dans un article de 2015 que l'Ă©tat de dĂ©chĂ©ance de notre Internet est une consĂ©quence directe, involontaire, de choisir la publicitĂ© comme modĂšle par dĂ©faut pour les contenus publicitaires en ligne ». voir Ethan ZUCKERMANN, The Internet's Original Sin », 2015, ERRA, Franck GERVAIS, Laurent HABIB, Avant d'interdire », op. cit. Semaine10. Philippe Duperron est le prĂ©sident de l’association 13Onze15 FraternitĂ©-VĂ©ritĂ©. Il a perdu son fils Thomas, 30 ans, au Bataclan. Pour le JDD, il
1Dans une acception large, toute relation entre individus supposerait une manipulation », dans le sens oĂč chacun souhaite inflĂ©chir la pensĂ©e ou l’action de son interlocuteur, le comprendre », Ă©tymologiquement avec et prendre p. 12. L’ouvrage se propose de dĂ©finir et de dĂ©crire les actes de langage manipulatoires » p. 14, en les catĂ©gorisant plus spĂ©cifiquement. Pour ce faire, Patrick Charaudeau consacre ses trois premiers chapitres aux rapports qu’entretient le sujet avec la vĂ©ritĂ©, Ă  la maniĂšre dont la vĂ©ritĂ© peut ĂȘtre travestie par la nĂ©gation, et aux moyens stratĂ©giques pour tromper autrui. 2Ces catĂ©gories sont utiles Ă  l’auteur pour dĂ©velopper son point de vue sur la post-vĂ©ritĂ© » au quatriĂšme et dernier chapitre, Ă  une Ă©poque oĂč il est commun de parler de faits alternatifs, de fake-news, d’infox, d’intox, ces fausses nouvelles » qu’il qualifie de contre-vĂ©ritĂ©s » p. 126. Selon le dictionnaire d’Oxford, la post-vĂ©ritĂ© insiste sur l’aspect Ă©motionnel des croyances [
] “un adjectif dĂ©fini comme se rapportant Ă  ou dĂ©notant des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence sur l’opinion publique que les appels Ă  l’émotion et aux croyances personnelles” » p. 122. Du point de vue langagier, l’auteur s’intĂ©resse Ă  la vĂ©ritĂ© des faits objectifs, en leur croyance ou non, puis Ă  leur transformation en ce qu’il nomme la contre-vĂ©ritĂ© », qui supposerait une crĂ©dulitĂ© » des individus quand ceux-ci y adhĂšrent sans discuter malgrĂ© le rĂ©tablissement de la vĂ©ritĂ© p. 137-140. VoilĂ  le triomphe de la nĂ©gation et de l’opinion sans dialogue, le refus du sens par la foutaise », dont l’objectif serait moins de dire vrai que de nier la vĂ©ritĂ© en se faisant passer pour vrai en produisant une grande force Ă©motionnelle p. 154. 3S’appuyant sur des travaux de sociologie et de psychologie sociale, P. Charaudeau dĂ©peint une humanitĂ© composĂ©e d’individus qui croient plus facilement ce qu’ils veulent croire vrai plutĂŽt que ce qui est vrai, qui se confortent dans leurs croyances et s’y rĂ©fugient, par simplicitĂ©, par dĂ©sir d’appartenance Ă  une communautĂ© partageant ces idĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux notamment, malgrĂ© l’existence de raisons rationnelles de ne pas y croire. Comme premiĂšre critique, il me semble qu’il aurait Ă©tĂ© intĂ©ressant d’argumenter en quoi la science normale, dans ses pratiques communautaires, Ă©chappe Ă  ces dĂ©finitions. 4L’auteur dĂ©plore ce temps des post-vĂ©ritĂ©s, celui oĂč la vĂ©ritĂ© est massivement nĂ©gligĂ©e dans un monde postmoderne oĂč l’information numĂ©rique circule vite, mondialement, provenant d’une hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© de sources crĂ©ant un brouillage entre le vrai et le faux ». Ne pas s’en prĂ©occuper serait un manque Ă  exercer son propre jugement et sa libertĂ© intellectuelle, [
] en tant qu’il tĂ©moigne d’une confusion quant aux normes de la croyance et du jugement conduisant Ă  une perversion des buts de la vie intellectuelle » en reprenant les propos du philosophe analytique Pascal Engel, p. 151. 5Ce n’est que vers la fin du livre p. 140-162 que l’on comprend le problĂšme politique de l’auteur, qui rĂ©side dans une certaine conception de la dĂ©mocratie dĂ©finie comme l’expression de la souverainetĂ© populaire. [
] Il est [alors] nĂ©cessaire que le peuple soit correctement informĂ© pour pouvoir exercer ce droit en Ă©tant le plus Ă©clairĂ© possible sur les affaires de la citĂ© ». Cette mĂ©taphore de la lumiĂšre est Ă  entendre dans un sens assez normal pour faire des choix dĂ©mocratiques, il faut connaĂźtre et maĂźtriser la rĂ©alitĂ© afin d’agir dessus, cette rĂ©alitĂ© Ă©tant rationnellement apprĂ©hendĂ©e par ceux qui produisent le savoir de rĂ©fĂ©rence Ă  l’aide d’outils objectifs, en l’occurrence les savants, les experts », et les journalistes. 6L’auteur dĂ©fend le devoir de vĂ©rification par les mĂ©dias, leurs pratiques de dĂ©sintoxication par fact-checking et d’évaluation de la crĂ©dibilitĂ© des experts, ces rubriques de dĂ©codage de l’actualitĂ© qui rĂ©tablissent le bien-fondĂ© de la circulation d’un Ă©noncĂ©. Si l’auteur nous rappelle qu’une information est toujours une construction et donc Ă©mise d’un certain point de vue, il insiste sur la responsabilitĂ© des journalistes quant aux consĂ©quences de leurs publications, en termes de manipulation involontaire » des lecteurs, par le simple fait de publier une information plutĂŽt qu’une autre Ă  moment prĂ©cis. 7Du point de vue langagier, l’expression fait objectif » n’aurait pas de sens, car les faits appartiennent Ă  la rĂ©alitĂ© brute, et c’est le regard que l’on porte dessus qui peut ĂȘtre dit objectif ou subjectif, Ă  travers la façon de dĂ©crire cette rĂ©alitĂ©, dans une circonstance de parole donnĂ©e » p. 123. Il y aurait donc d’un cĂŽtĂ© le monde des faits, et de l’autre le monde du point de vue, chacun permettant de dĂ©finir un type de savoir issu de reprĂ©sentations construites par le langage. Lorsque le discours tend Ă  l’objectivitĂ© des descriptions et des explications sur le monde, par l’usage de mĂ©thodes et d’outils d’analyse scientifiques, il peut dĂ©finir des lois indĂ©pendantes du point de vue du sujet hors-sujet » et de tout acte d’énonciation, en produisant un savoir de connaissance » p. 28-30 Ă  propos du fonctionnement des phĂ©nomĂšnes extĂ©rieurs Ă  toute pensĂ©e. Quand ce savoir est savant », et non de rĂ©vĂ©lation », il est ouvert Ă  la discussion et Ă  la critique, Ă  la rĂ©futation et Ă  la vĂ©rification. La posture Ă©pistĂ©mologique dĂ©fendue par P. Charaudeau, qui engage l’existence d’un monde s’imposant au sujet, pourrait ĂȘtre qualifiĂ©e de rĂ©aliste bien que l’auteur ne se qualifie pas comme tel. Les vĂ©ritĂ©s se donnent Ă  voir dans des formes particuliĂšres, reconnaissables et mises en scĂšne selon certaines rĂšgles socialement admises il s’agit de figures de vĂ©ritĂ© ». Celles qualifiĂ©es de scientifique[s] » p. 38-39 s’appuient sur des procĂ©dures rationalisantes » qui aboutissent Ă  des discours de dĂ©monstrations soumises Ă  la contradiction, et admises comme vĂ©ritĂ©s provisoires. C’est ainsi que le sujet se fait porte-parole d’une vĂ©ritĂ© sur le monde vĂ©rifiable par tout un chacun qui reproduirait les mĂȘmes opĂ©rations en utilisant les mĂȘmes instruments et les mĂȘmes procĂ©dures indĂ©pendantes du sujet, opĂ©rations qui confĂšrent aux Ă©noncĂ©s un statut d’objectivitĂ©. Alors que je vois dans ce rĂŽle de porte-parole les fondements de l’autoritarisme des sciences modernes, P. Charaudeau semble ĂȘtre attachĂ© Ă  cette Ă©pistĂ©mologie. Bien qu’il rappelle que l’interprĂ©tation ne reprĂ©sente pas la rĂ©alitĂ© du monde mais le rĂ©el signifiant qui est construit Ă  partir de celle-ci [
] » p. 124, il insiste sur l’importance de ne pas nier cette rĂ©alitĂ©. 8Le savoir de connaissance est distinct d’un savoir de croyance » p. 30-33 qui dĂ©pend non plus du monde extĂ©rieur mais de sa propre subjectivitĂ©, d’un parti pris, d’un jugement du sujet in-sujet ». Le sujet s’impose au monde de deux maniĂšres. Quand il le juge par rapport Ă  une Ă©chelle de valeurs Ă©thique, esthĂ©tique, pragmatique engageant le sujet, il produit un savoir d’opinion », qui n’énonce pas une vĂ©ritĂ© sur le monde, mais un point de vue sur les vĂ©ritĂ©s du monde » p. 32. Quand il dĂ©crit le monde, il produit un savoir d’expĂ©rience » en supposant que ce qu’il a pu Ă©prouver lui-mĂȘme est Ă©prouvable par tout autre individu dans la mĂȘme situation. Au savoir d’expĂ©rience correspond une figure de vĂ©ritĂ© dite factuelle ». Un Ă©noncĂ© sur un fait est alors considĂ©rĂ© comme vrai s’il est cohĂ©rent et vĂ©rifiĂ© par la perception et le raisonnement de chacun, ou encore par un savoir de croyance commun ». 9Les motifs de manipulations de la vĂ©ritĂ© sont de divers ordres par exemple la croyance absolue, l’intention de nuire ou encore l’amusement. Les contre-vĂ©ritĂ©s peuvent procĂ©der par la modalitĂ© de nĂ©gation des faits, ce qui engendre un discours nĂ©gationniste » p. 126-128 quand elles produisent des explications contestant l’existence de faits, un autre storytelling » et des faits alternatifs », comme le font par exemple les communautĂ©s de platistes, les anti-vaccins ou les climato-sceptiques. Les contre-vĂ©ritĂ©s peuvent aussi procĂ©der par invention » de faits, par exemple lorsque Donald Trump relaie des messages conspirationnistes. Se pose alors la question des intentions, conscientes ou non, de l’émetteur de telles contre-vĂ©ritĂ©s. S’il en est pleinement conscient, il s’agit d’un mensonge qui masque ce qu’il pense p. 59-61. Quand il refoule son savoir, quand il adhĂšre honnĂȘtement Ă  ce qu’il Ă©nonce, quand il refuse inconsciemment ce qu’il sait, pense ou pourrait savoir », il s’agit de dĂ©nĂ©gation » p. 62-65. L’incertitude induite dans le rapport qu’entretient le sujet Ă  son savoir ne peut ĂȘtre reconnue que par un tiers extĂ©rieur qui peut qualifier cette attitude de dĂ©ni ». Ce doute sur la sincĂ©ritĂ© du sujet rapproche le dĂ©ni de la mauvaise foi » p. 65-70, Ă  ceci prĂšs que dans ce dernier cas le sujet veut croire en ce qu’il dit dans un acte de faux-semblant, en taisant ou mettant en sourdine ce qu’il pense. 10Je dĂ©plore avec l’auteur le manque de discussion et de volontĂ© de construction que l’on peut confĂ©rer Ă  des attitudes telles que le mensonge, ou certaines impostures grossiĂšres. Je suis moins convaincu par l’intĂ©rĂȘt des catĂ©gories d’analyse proposĂ©es plus nombreuses dans le livre que celles que je mobilise ici, un peu simplement descriptives et attendues, qui, j’en ai bien peur, sont peu propices Ă  la transformation du monde. Par exemple, en quoi le dĂ©ni, la mauvaise foi et les manipulations ne seraient-ils pas Ă  l’Ɠuvre dans les pratiques scientifiques ? Que resterait-il des grands partages habituels entre connaissances et croyances ? 11Pour souhaiter les maintenir, il faudrait s’accorder sur le postulat de l’auteur soutenant que la dĂ©mocratie a besoin d’un pacte de confiance » entre le peuple et ses dirigeants, et que pour cela le peuple [doit ĂȘtre] informĂ© et bien informĂ© » p. 158. Il m’est difficile de ne pas y voir les mĂȘmes travers qu’avec ce que certains nomment le dĂ©ficit de connaissances », supposant que la non-acceptation sociale du peuple ignorant reposerait sur son manque d’information. Cela revient Ă  donner toujours plus de pouvoir Ă  certains, et moins Ă  d’autres. C’est pourquoi lĂ  oĂč l’auteur voit une fuite de la vĂ©ritĂ©, mon regard se porte plutĂŽt sur le triomphe de la sociĂ©tĂ© des experts et sur les problĂšmes dĂ©mocratiques que suppose ce surplus de lĂ©gitimitĂ©, au-devant de la scĂšne Ă  l’heure de la crise sanitaire liĂ©e au coronavirus, tout autant qu’une pratique intellectuelle qui consiste plus Ă  checker qu’à engendrer une enrichissante discussion dĂ©mocratique. Il me semble que ce n’est pas en maintenant ces distinctions entre savoirs de connaissance et savoirs de croyance que nous pourrons Ă©chapper Ă  l’autoritarisme de ceux qui imposent les contre-vĂ©ritĂ©s tromperie » p. 160 ou de ceux qui pensent la dĂ©tenir.
Aunom de la vĂ©ritĂ©: Manipulations en entreprise. Gdje gledati. Emisija nije dostupna u drĆŸavi. SADRĆœAJ. PREPORUKE. Harakiri (1962) danas. Japan, sredina 17. stoljeća. Mirno stanje u zemlji uzrok je raspada brojnih ratničkih klanova, zbog čega tisuće samuraja ostaje bez posla i pada u siromaĆĄtvo. Karteli (2016) danas. Elitni tim DEA-inih agenata je zaduĆŸen za zaĆĄtitu opasnog
La critique est aisĂ©e, mais l’art est difficile Nous pourrions reprendre cet aphorisme qui daterait du XVIIIe siĂšcle pour nous interroger sur la maniĂšre actuelle de faire une critique positive au travail. Dans le cadre d’un management moderne qui s’inscrit aujourd’hui dans une logique humaniste oĂč l’art de manager s’apparente de plus en plus Ă  la capacitĂ© d’animer, motiver et donner envie Ă  ses Ă©quipes bien plus que d’ordonner et imposer une directive, faire une remarque positive prend tout son sens
 Faire une critique positive, constructive ne pourrait-elle pas ĂȘtre un art en soi ? La diffĂ©rence entre une critique constructive et une critique malveillante ? La premiĂšre est celle que vous faites aux autres. La seconde est celle qu’ils vous font ». Mais si nous cherchions un peu plus loin que cette boutade Ă  la Sacha Guitry ? Aujourd’hui, le mot critique est connotĂ© pĂ©jorativement. Pourtant, critique vient du latin criticus, issu du grec ancien kritikos capable de discernement ». Avoir un esprit critique c’est donc faire preuve de jugement et de perspicacitĂ©, avoir une certaine clairvoyance des faits. Être critique c’est avoir l’exigence de ne pas s’en tenir Ă  l’apparence, c’est exercer sa facultĂ© de jugement, c’est s’interroger sur le bien-fondĂ© des affirmations, des attitudes, et passer au crible ce qui est donnĂ© comme Ă©tat de fait. Ce qui semble primer de nos jours en matiĂšre de management c’est la maniĂšre d’exprimer, de partager cette critique. Nous rencontrons souvent en coaching de manager, des managers qui considĂšrent ne pas arriver Ă  faire comprendre aux membres de leur Ă©quipe qu’ils n’ont rien contre eux personnellement, mais que ce sont certains rĂ©sultats qui posent problĂšme. Il est courant de rencontrer en entreprise une distorsion entre comment le manager perçoit son Ă©quipe et la façon dont l’équipe se croit perçue. Nous croisons de nombreux managers qui, dans une posture encore ancienne du management, pensent que toute erreur, toute action imparfaitement rĂ©alisĂ©e par un de ses collaborateurs, nĂ©cessite de mettre en avant, de donner un Ă©cho important Ă  ce qui ne convient pas, Ă  ce qui doit ĂȘtre amĂ©lioré  Sans pour autant centrer une partie du dĂ©briefing sur les points positifs de l’action du collaborateur. Disons le tout net cette façon de faire est une erreur psychologique » courante et source de dĂ©motivation des collaborateurs et des Ă©quipes ! Heureusement, l’art de faire une critique positive au travail est facilement accessible. Les approches modernes du management considĂšrent que ce comportement naturel » de la part d’environ 50 % des managers selon certaines Ă©tudes est prĂ©judiciable Ă  une bonne motivation au travail, une bonne gestion des Ă©quipes et donc in fine sur leurs performances. Il existe une façon de critiquer qui invite chacun Ă  s’amĂ©liorer, qui n’entame pas l’estime qu’il a de lui-mĂȘme et n’entame en rien la fonction de management. Et en regardant plus en dĂ©tail, est-il si difficile de voir aussi les points positifs d’une action d’un collaborateur ? Nous allons voir les Ă©tapes essentielles Ă  l’élaboration d’une critique positive et constructive Comment faire une critique positive au travail ! 1 Soyez bienveillant La façon dont va ĂȘtre perçue votre critique est dĂ©terminĂ©e par les raisons qui vous poussent Ă  la faire. Il faut que vous ayez envie d’aider le destinataire de votre feedback Ă  s’amĂ©liorer. Ne pensez pas d’abord Ă  sanctionner » le manquement de votre collaborateur. Assurez-vous Ă©galement d’ĂȘtre la bonne personne, d’avoir l’autoritĂ© et le statut vous permettant d’effectuer une critique, dans le cas contraire elle ne sera pas entendue ou mal vĂ©cue. 2 Tout est dans la prĂ©sentation, tout est affaire d’emballage Souvenez-vous lorsque vous receviez vos cadeaux d’anniversaire ou de NoĂ«l dans de beaux paquets bien agencĂ©s
 pensez-vous que vous auriez eu autant de plaisir Ă  les dĂ©couvrir s’ils avaient Ă©tĂ© emballĂ©s dans des sacs en plastique de supermarchĂ©s ? Les Ă©tudes les plus rĂ©centes dans le domaine des neurosciences et du marketing montrent que l’emballage Ă  de l’importance. Un mĂȘme vin n’aura pas le mĂȘme gout selon qu’il sera servi dans une bouteille de grand cru classĂ© ou dans une bouteille en plastique, et pourtant c’est le mĂȘme vin. Il en va de mĂȘme pour la critique. Prenez le temps de l’enrober, dĂ©livrez votre critique avec bienveillance dans des termes choisis pour leur connotation favorable. Il s’agit de faire preuve de finesse, de tact et d’élĂ©gance. Une critique c’est comme un mĂ©dicament, pour avaler la pilule c’est toujours mieux d’avoir un verre d’eau sucrĂ©e, pensez-y. 3 Soyez le plus objectif possible. N’utilisez pas le canal Ă©motionnel Il est prĂ©fĂ©rable de retirer toute Ă©motion du dialogue en analyse transactionnelle, il s’agirait d’une transaction de l’état du moi Adulte Ă  l’état du moi Adulte. Essayez d’ĂȘtre le plus neutre possible aussi bien dans vos messages verbaux que non verbaux. Souvenez-vous que la communication courante comporte trois Ă©lĂ©ments le sens des mots, l’intonation tonalitĂ© dans laquelle on prononce ces mots et qui va les colorer affectivement, la gestuelle ou communication non verbale c’est-Ă -dire l’ensemble des expressions du visage, des gestes, des postures, des dĂ©placements. Le sens des mots compte pour 7 %, l’intonation pour 38 % et la gestuelle pour 55 %. Si vous ĂȘtes dans l’émotion, cela transparaitra dans votre langage, dans votre intonation, dans votre attitude et vos gestes. Pensez donc Ă  vous dĂ©tendre avant de donner votre critique. Soyez chaleureux, votre comportement et votre attitude ne doivent pas ĂȘtre agressifs, mais bienveillants. Il est important que votre interlocuteur sente votre empathie afin qu’il se sente plus Ă  l’aise et moins menacĂ© ; sinon il se fermera ». 4 Choisissez le bon moment et le bon endroit MĂȘme avec les meilleures intentions du monde, si vous critiquez un de vos collaborateurs sur la place publique il y a de grandes chances pour qu’il se sente humiliĂ© et qu’il nourrisse par la suite du ressentiment Ă  votre Ă©gard. PrivilĂ©giez un endroit calme avec un minimum d’intimitĂ© permettant d’instaurer un climat de confiance. 5 Ne vous en prenez jamais ni Ă  la personnalitĂ© ni au physique de votre interlocuteur Vos critiques doivent porter sur des faits, sur le travail effectuĂ©, sur ce qui est de votre ressort. Sa vie privĂ©e ne vous concerne pas et il ne s’agit pas de faire son procĂšs. 6 Essayez la mĂ©thode Sandwich Il s’agit lĂ  d’enrober votre critique. DĂ©butez la conversation par un compliment, une marque d’attention, puis ensuite amenez gentiment la critique en des termes acceptables et terminez l’échange en changeant de sujet, en parlant de quelque chose de plus positif
 Ce n’est pas de la manipulation, mais savoir faire preuve de tact et de bienveillance. Ne vous inquiĂ©tez pas votre critique n’en sera pas pour autant oubliĂ©e. 7 Soyez honnĂȘte et clair Ne tergiversez pas, Ă©vitez la langue de bois, Ă©vitez de paraĂźtre confus ou flou cela ne peut que perturber votre interlocuteur. Il s’agit de dire la vĂ©ritĂ© aussi clairement que possible. Puisque maintenant vous avez prĂ©parĂ© le terrain, votre interlocuteur est tout disposĂ© Ă  vous entendre. Soyez prĂ©cis dans vos remarques. Dire Vous avez travaillĂ© dur, mais ce dossier est incomplet, revoyez ça ! » ne va pas beaucoup aider votre collĂšgue. Commencez par reconnaĂźtre ses efforts, montrez-lui que vous avez pris en considĂ©ration le travail qu’il a fourni, dĂ©taillez avec lui les points forts de son travail, puis seulement ensuite dites explicitement et avec prĂ©cision les points d’amĂ©lioration que vous envisagez. 8 Sollicitez l’intellect de votre interlocuteur Ne lui donnez pas votre solution, faites-lui part du problĂšme par le biais d’une critique positive et ensuite demandez-lui de trouver des solutions. Il n’en sera que plus efficace lors de la mise en Ɠuvre des solutions qu’il aura trouvĂ©es par lui-mĂȘme. L’idĂ©al serait qu’à la fin de votre entretien, vos remarques deviennent les siennes, que votre interlocuteur abonde dans votre sens et reconnaisse les axes d’amĂ©lioration Ă©voquĂ©e ensemble. 9 Servez-vous du passĂ© comme levier dans le prĂ©sent, mais ne ruminez pas Il ne sert Ă  rien de ressasser des erreurs dĂ©jĂ  commises et auxquels personne ne peut rien changer, cela mine le moral de tout le monde. Il faut certes apprendre de ses erreurs, mais non mouliner dans le vide. Si vous pensez qu’il est nĂ©cessaire de faire appel Ă  des erreurs commises, assurez-vous qu’elles soient pertinentes dans le contexte actuel, qu’elles servent au prĂ©sent. Il ne s’agit pas de faire la liste de ce qui aurait dĂ» ĂȘtre fait, puisque personne ne peut rien y changer. L’exemple des erreurs passĂ©es doit juste vous servir de rappel, de clignotant, c’est un panneau Attention, rappelez-vous ! Mais si vous vous appesantissez dessus l’énergie de l’équipe se dissoudra et la rancune engendrera des conflits. 10 Soyez attentif, n’en dites pas trop Ă  la fois Adaptez-vous Ă  votre interlocuteur, ne dĂ©bitez pas tout ce que vous avez Ă  lui dire, faites vos remarques une par une dans l’ordre que vous avez Ă©laborĂ© prĂ©alablement. Quand vous sentez que c’est assez, faites une pause ou arrĂȘtez vous. Il n’est pas bon de trop en dire d’un seul coup. Il faut opĂ©rer par petites touches. Il faut s’assurer que l’interlocuteur est disposĂ© et apte Ă  entendre la critique afin de s’amĂ©liorer. 11 Insistez sur les progrĂšs Faites part du chemin parcouru plus que du chemin Ă  parcourir. C’est dans le progrĂšs rĂ©alisĂ© que se situe l’énergie nĂ©cessaire Ă  la progression. Au contraire, une vision centrĂ©e uniquement sur l’objectif final, parfois Ă©loignĂ©, ne peut que dĂ©courager. En conclusion, la critique positive n’est pas une simple technique que l’on sort » pour rĂ©soudre un problĂšme. C’est une mĂ©thode qui met en Ɠuvre un ensemble d’attitudes de base qui devrait faire partie de l’équipement Ă©motionnel » du manager moderne vouloir aider, vouloir Ă©couter, avoir confiance dans les capacitĂ©s de l’autre, accepter les diffĂ©rences
 Sans ces attitudes la mĂ©thode paraĂźtra fausse, vide, mĂ©canique et peu sincĂšre et atteindra rarement son but. La critique positive est donc une discipline complexe Ă  pratiquer, mais les efforts que l’on dĂ©ploie pour parvenir Ă  la maitriser sont rĂ©compensĂ©s au centuple par l’ampleur des changements obtenus. Cela tant dans le domaine de la communication au sein de l’entreprise que dans celui des performances rĂ©alisĂ©es par ses employĂ©s, sans oublier que pour le manager c’est une magnifique opportunitĂ© de dĂ©velopper ses compĂ©tences managĂ©riales. Vous avez un besoin explicite, un problĂšme vous concernant personnellement, un collaborateur, une Ă©quipe constituĂ©e ? Un enjeux ou un objectif vous concernant vous, vos collaborateurs, votre organisation ? Vous voulez en explorer la pertinence et la faisabilitĂ©? Nous vous accompagnons gratuitement dans la formalisation explicite de vos besoins en regard Ă  vos enjeux. Contactez nous simplement en cliquant sur le bouton orange.
exemplede la « manipulation » par esprit de systĂšme - et encore plus Tocqueville. 2 Sur ces techniques, cf. P. Lenain. La manipulation politique, 1985, dont nous suivons les classifications. 3 La commĂ©moration du bicentenaire , au nom des « droits de l'homme », a fait oublier les excĂšs de la Terreur - et le Directoire : une Le tristement cĂ©lĂšbre Forum Ă©conomique mondial FEM tiendra sa rĂ©union annuelle Ă  Davos cette semaine, et Jordan Schachtel, via The Dossier » Substack, va s’assurer que vous sachiez qui participe Ă  ce rassemblement sur invitation seulement. Pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas cette infĂąme organisation Le Forum Ă©conomique mondial FEM, par le biais de sa confĂ©rence annuelle de Davos, agit comme le magasin d’idĂ©es et de politiques pour la classe dirigeante. L’ONG est dirigĂ©e par un personnage ressemblant Ă  un mĂ©chant de bande dessinĂ©e en la personne de Klaus Schwab, son prĂ©sident mĂ©galomane qui articule un programme politique extrĂ©miste et vĂ©ritablement insensĂ© pour notre avenir. Vous avez entendu un de vos politiciens dĂ©clarer son soutien au programme Reconstruire en mieux » Build Back Better ? Et la Grande RĂ©initialisation » ? Tous ces rĂ©cits politiques sous forme d’autocollants ont Ă©tĂ© popularisĂ©s par le Forum Ă©conomique mondial. Avez-vous lu sur le mouvement ESG Environnemental, Social et Gouvernance ? C’est aussi un des favoris du FEM. Davos 2022 comprend les Ă©lĂ©ments habituels de l’agenda totalitaire Ă©co-Ă©tatiste du FEM vous ne possĂ©derez rien et vous serez heureux ». Les sujets discutĂ©s et les panels de la rĂ©union de 2022 incluront ExpĂ©rimenter l’avenir de la coopĂ©ration Le Village de la Collaboration MondialeGarder le cap sur l’action pour la naturePrĂ©parer l’avenir des systĂšmes de santĂ©AccĂ©lĂ©rer la rĂ©volution du recyclage pour la transition verte »Le Net » dans Net ZeroL’avenir de la mondialisationDĂ©bloquer les marchĂ©s du carboneEt bien sĂ»r, un discours spĂ©cial de Volodymyr Zelenskyy, prĂ©sident de l’Ukraine. Le contingent amĂ©ricain comprendra 25 politiciens et fonctionnaires de l’administration Biden. La secrĂ©taire d’État amĂ©ricaine au commerce, Gina Raimondo, rejoindra le tsar du climat, John Kerry, en tant que reprĂ©sentants de la Maison Blanche. Ils seront rejoints par 12 politiciens dĂ©mocrates et 10 rĂ©publicains, dont 7 sĂ©nateurs et deux gouverneurs d’État. Sans plus attendre, je vous communique la liste complĂšte des participants qui se rendront Ă  Davos la semaine prochaine. Je vais Ă©numĂ©rer les AmĂ©ricains ci-dessous et le reste est liĂ© en dessous dans un document joint. Gina Raimondo SecrĂ©taire d’État au commerce des États-Unis d’AmĂ©riqueJohn F. Kerry EnvoyĂ© spĂ©cial du PrĂ©sident pour le climat des États-Unis d’AmĂ©riqueBill Keating DĂ©putĂ© du Massachusetts DDaniel Meuser Membre du CongrĂšs de Pennsylvanie RMadeleine Dean DĂ©putĂ©e de Pennsylvanie DTed Lieu Membre du CongrĂšs de Californie DAnn Wagner DĂ©putĂ©e du Missouri RChristopher A. Coons SĂ©nateur du Delaware DDarrell Issa Membre du CongrĂšs de Californie RDean Phillips Membre du CongrĂšs du Minnesota DDebra Fischer SĂ©natrice du Nebraska REric Holcomb Gouverneur de l’Indiana RGregory W. Meeks Membre du CongrĂšs de New York DJohn W. Hickenlooper SĂ©nateur du Colorado DLarry Hogan Gouverneur du Maryland RMichael McCaul Membre du CongrĂšs du Texas RPat Toomey SĂ©nateur de la Pennsylvanie RPatrick J. Leahy SĂ©nateur du Vermont DRobert Menendez SĂ©nateur du New Jersey DRoger F. Wicker SĂ©nateur du Mississippi RSeth Moulton DĂ©putĂ© du Massachusetts DSheldon Whitehouse SĂ©nateur du Rhode Island DTed Deutch Membre du CongrĂšs de Floride DFrancis Suarez Maire de Miami RAl Gore Vice-prĂ©sident des États-Unis 1993-2001 D Liste complĂšte des participants confirmĂ©s Ă  la rĂ©union annuelle du Forum Ă©conomique mondial 2022 Voici le fichier PDF au cas oĂč le lien ne fonctionnerait pas. Il y a un membre des Ă©lites » qui ne sera pas prĂ©sent et qui ne l’a jamais Ă©tĂ©. Comme l’écrit Mohamed El-Erian dans une tribune publiĂ©e par Bloomberg, les rĂ©unions de Davos sont pleines de potentiel mais rarement pleines de solutions. Je n’ai jamais saisi l’occasion d’assister Ă  la rĂ©union de Davos et je ne le ferai pas cette annĂ©e encore. Cela ne signifie pas pour autant que je ne suis pas son Ă©volution et ses rĂ©sultats. Je suis certainement intĂ©ressĂ© par ce qui pourrait Ă©merger d’une rĂ©union qui rassemble tant de dirigeants de gouvernements, de la sociĂ©tĂ© civile et d’entreprises. Dans un monde idĂ©al, la rĂ©union de cette annĂ©e serait un catalyseur Ă  deux Ă©gards importants. Tout d’abord, elle susciterait une plus grande prise de conscience de l’évolution des bassins versants de l’économie mondiale et attirerait l’attention sur les diffĂ©rences de perception de cette Ă©volution dans le second lieu, elle mettrait en Ă©vidence les moyens de remodeler une vision de plus en plus Ă  somme nulle » de la coordination internationale pour contribuer Ă  la rĂ©silience collective et Ă  la prospĂ©ritĂ© inclusive. La liste des Ă©volutions dĂ©cisives en cours dans l’économie mondiale est longue et va bien au-delĂ  de l’horrible guerre en Ukraine et des tragĂ©dies humaines qui y sont associĂ©es. Voici un exemple de ce qui figure sur une telle liste En raison de la convergence des crises alimentaire, Ă©nergĂ©tique, de la dette et de la croissance, un nombre croissant de pays pauvres sont confrontĂ©s Ă  une menace croissante de famine – et ce n’est qu’une partie du phĂ©nomĂšne des petits feux partout » qui mine les vies et les moyens de subsistance dans le monde qui atteint des sommets inĂ©galĂ©s depuis 40 ans dans les pays riches, sape les niveaux de vie et les moteurs de la croissance, frappant particuliĂšrement les pauvres, alimentant la colĂšre politique, Ă©rodant la crĂ©dibilitĂ© des institutions et compromettant l’efficacitĂ© des politiques Ă©conomiques et Ă  relever les dĂ©fis sĂ©culaires essentiels, notamment le changement climatique, fait que des distractions Ă  court terme viennent s’ajouter Ă  des dĂ©fis Ă  long terme dĂ©jĂ  efforts dĂ©ployĂ©s par les secteurs privĂ© et public pour trouver un meilleur Ă©quilibre entre des chaĂźnes d’approvisionnement fortement interconnectĂ©es et la rĂ©silience des pays et des entreprises sont compliquĂ©s par une Ă©conomie mondiale qui n’est pas suffisamment dynamique pour que cela se fasse de maniĂšre militarisation occidentale de la finance internationale, bien qu’elle ait rĂ©ussi Ă  mettre Ă  genoux la onziĂšme Ă©conomie mondiale, s’est dĂ©roulĂ©e sans cadre mondial de normes, de directives et de garde-fous. Je soupçonne que, si la grande majoritĂ© des participants Ă  Davos seront d’accord sur cette liste et, en fait, ajouteront quelques Ă©lĂ©ments supplĂ©mentaires, il y aura de nombreux dĂ©saccords sur les causes et les consĂ©quences Ă  long terme. Ce dĂ©saccord est problĂ©matique Ă  deux Ă©gards. PremiĂšrement, il sape la responsabilitĂ© partagĂ©e nĂ©cessaire pour relever des dĂ©fis ayant d’importantes dimensions internationales ;et deuxiĂšmement, il Ă©rode encore plus la confiance dans l’ordre international existant. Si ces dĂ©saccords ne sont pas rĂ©solus, leurs effets nĂ©fastes s’aggraveront et s’étendront. Sur le papier, la prochaine rĂ©union de Davos serait parfaitement adaptĂ©e Ă  la rĂ©solution de ces conflits. L’histoire, cependant, ne fournit pas beaucoup d’encouragement ou d’optimisme. À maintes reprises, Davos a Ă©tĂ© victime d’un manque de concentration et de vision unificatrice. Les intĂ©rĂȘts individuels et collectifs n’ont pas Ă©tĂ© conciliĂ©s. Les distractions abondent. En consĂ©quence, les rĂ©sultats ont Ă©tĂ©, au mieux, rĂ©trogrades. Compte tenu des multiples carrefours auxquels l’économie mondiale est confrontĂ©e, le moment est particuliĂšrement bien choisi pour que Davos rĂ©alise son potentiel considĂ©rable regarder vers l’avenir et non vers le passĂ©. Pour identifier des solutions plutĂŽt que de simples problĂšmes. Sinon, le forum se transformera encore plus en un rĂ©seau et un club social qui est, et est largement perçu comme Ă©tant, encore plus dĂ©couplĂ© des rĂ©alitĂ©s de beaucoup et des dĂ©fis de la plupart. Source Traduction
RetrouvezAu nom de la vérité ainsi que toutes les informations avec Télé Z : Actualités, diffusions, photos, casting Recherchez. Appuyez sur entrer pour rechercher et échap pour fermer. Acces direct au contenu; Acces direct à la recherche ; Acces direct au menu; Programme TV; Actus TV; Assistance; TéléZ . Rechercher. AccÚs abonnés. Je m'abonne ou me

Au menu de cette revue de presse française, mardi 9 janvier, la rĂ©union de hauts reprĂ©sentants des deux CorĂ©e, pour la premiĂšre fois depuis deux ans. La suite de la visite d’Emmanuel Macron en Chine. L’inauguration de la rupture conventionnelle collective dans les entreprises. Et une Ă©tude sur le complotisme
 qui suscite la suspicion. Le + Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et Ă©galement toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook
Au menu de cette revue de presse française, la rĂ©union, qui a eu lieu ce matin, de hauts reprĂ©sentants des deux CorĂ©e, pour leur premier face Ă  face officiel depuis plus de deux ans.La dĂ©tente est-elle en marche dans la pĂ©ninsule corĂ©enne?», s’interroge le Huffington Post, qui rapporte, notamment, que le Nord a annoncĂ© l'envoi d'une dĂ©lĂ©gation aux JO de Pyeongchang, que SĂ©oul s'efforçait de prĂ©senter comme une "Olympiade de la paix"». D’aprĂšs l’Opinion, le choix par le sud et le Nord de deux chefs de dĂ©lĂ©gation expĂ©rimentĂ©s, indique que ces discussions sont prises au sĂ©rieux des deux cĂŽtĂ©s. Le journal rappelle aussi que les services de renseignement amĂ©ricains reconnaissent pour leur part avoir sous-estimé» la capacitĂ© des Nord-CorĂ©ens Ă  se doter d’une force nuclĂ©aire efficace – le New York Times affirmant hier qu’ils auraient expliquĂ© Ă  la nouvelle Administration Trump, au dĂ©but de 2017, qu’elle disposait de temps, jusqu’à 4 ans, avant que Pyongyang ne possĂšde les moyens de frapper les en Asie, en Chine, Emmanuel Macron s’est ralliĂ© hier aux nouvelles routes de la soie», tout en mettant en garde contre toute tentation hĂ©gĂ©monique de PĂ©kin. Ces routes ne peuvent mettre en Ă©tat de vassalitĂ© les pays qu’elles traversent», si ce sont des routes, elles ne peuvent pas ĂȘtre univoques», a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident – dont les Echos Ă©voquent le oui mais» au projet Ă©conomique phare de son homologue Xi Jinping. Les rĂ©serves d’Emmanuel Macron porteraient aussi, notamment, sur le respect des normes sociales et environnementales, l’accĂšs au marchĂ©s publics et la propriĂ©tĂ© intellectuelle. Sa fermetĂ© affichĂ©e plaĂźt en tout cas beaucoup au Figaro, qui estime que la diplomatie française doit s’employer Ă  dĂ©jouer les piĂšges du contre-modĂšle offert par PĂ©kin» - en Europe, prĂ©vient le journal, ses investissements se concentrent sur les pays les plus fragiles, ceux qui pourraient un jour devenir dĂ©pendants Ă©conomiquement de la seconde puissance Ă©conomique mondiale, lĂ  oĂč la tentation d’une dĂ©rive autoritaire plane dĂ©jà».A noter Ă©galement, l’arrestation, hier, Ă  Londres, de l’homme d’affaires français Alexandre Djouhri, visĂ© par un mandat d'arrĂȘt europĂ©en dans l'enquĂȘte sur le prĂ©sumĂ© financement libyen de la campagne prĂ©sidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Cette information a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e par l’Obs, qui affirme qu’Alexandre Djouhri devrait ĂȘtre rapidement dĂ©fĂ©rĂ© par la justice française», qui souhaiterait l’entendre en particulier sur la revente d’une villa lui appartenant Ă  Mougins, sur la CĂŽte d’Azur, au fonds libyen dirigĂ© par BĂ©chir Saleh, l’ex-grand argentier du colonel Kadhafi. Les juges le soupçonnent de s'ĂȘtre entendu avec Saleh pour fixer un prix trĂšs surĂ©valué», et de l’avoir aidĂ© Ă  quitter la France au printemps 2012, alors qu'il faisait l'objet d'un mandat d'arrĂȘt dans son pays, une exfiltration qui lui aurait permis de rejoindre ensuite l'Afrique du Sud. Il est aussi beaucoup question de la prĂ©sentation, hier, par la direction du groupe d’habillement Pimkie, de son projet de rupture conventionnelle collective. Aujourd’hui, ce sera le tour de PSA. D’aprĂšs la Croix, les deux entreprises inaugurent» ce dispositif créé par les ordonnances sur le Code du travail, quinze jours Ă  peine aprĂšs leur entrĂ©e en vigueur – les entreprises n’ont pas traĂźné», relĂšve le journal – qui prĂ©cise qu’il ne s’agit pas de donner un chĂšque en blanc aux employeurs», dans la mesure oĂč les indemnitĂ©s de rupture ne peuvent ĂȘtre infĂ©rieures aux indemnitĂ©s de licenciement et que des mesures de reclassement externe doivent ĂȘtre respectĂ©es. Pour l’HumanitĂ©, la messe est dite en recourant Ă  la rupture conventionnelle collective, Pimkie et PSA se seraient lancĂ©es dans la course aux licenciements low cost», les directions des entreprises pouvant dĂ©sormais rĂ©duire les effectifs sans avoir besoin de prouver le moindre motif Ă©conomique» le licenciement pour convenances financiĂšres peut voir le jour», accuse le journal, tandis que les Echos estiment que c’est sur le contenu concret des accords conclus dans les entreprises, que l’on pourra Ă©valuer la nouvelle procĂ©dure».Un mot, pour terminer, de l’étude de l’Ifop sur le conspirationnisme en France – une enquĂȘte publiĂ©e hier dont il ressortirait que les Français sont de plus en plus sensibles aux thĂ©ories conspirationnistes. D’aprĂšs LibĂ©ration, l’attrait pour le cĂŽtĂ© obscur» toucherait en particulier les plus jeunes et ceux qui votent aux extrĂȘmes – la vĂ©ritĂ© est ailleurs», ironise LibĂ©, qui met en garde contre la tendance consistant Ă  affirmer que la parole officielle n’est que mensonge, et que le contenu des mĂ©dias traditionnels» n’est que manipulation. Ce faisant, on donne un brevet de respectabilitĂ© aux vrais menteurs et aux vrais manipulateurs, qui forment l’internationale informelle et erratique du complotisme», au dĂ©triment de la dĂ©mocratie», s’inquiĂšte le journal. L’HumanitĂ©, lui, est sceptique, mettant en cause Ă  la fois la mĂ©thode et les conclusions de cette analyse – on peut se demander, devant ces conclusions, qui manipule qui, et Ă  quelle fin», critique l’ tous les matins sur France 24 la Revue de presse françaisedu lundi au vendredi, 6h23-7h10-10h40 heure de Paris et la Revue de presse internationaledu lundi au vendredi Ă  9h10 et 13h10. Suivez Ă©galement tous les week-ends en multidiffusion la Revue des Hebdos.

Aunom de la vérité - Jalousie en entreprise : Retrouvez le résumé de votre programme, et les prochaines diffusions du programme Au nom de la vérité avec Le Parisien Aller au contenu. Menu. Accueil - Programme TV; Films; Séries; Emissions; Divertissement; Sport; VOD; S'abonner. Saison . Au nom de la vérité - Jalousie en entreprise. Comédie sociale; 25 min; 2014; Synopsis

ï»żInfosDiffusionsCastingRĂ©sumĂ©Chacun d'entre nous s'est dĂ©jĂ  retrouvĂ© au moins une fois, au coeur de la tourmente... Au nom de la vĂ©rité» est une fiction quotidienne de vingt-six minutes qui s'attache Ă  des hĂ©ros du quotidien en prise avec une dĂ©cision capitale. Chaque Ă©pisode est une tranche de vie dans laquelle chacun peut s'identifier ou projeter sa propre famille. Ces moments qui dĂ©rapent, ces accidents de la vie, ces histoires secrĂštes qui encombrent notre quotidien...GenreSĂ©rie - ComĂ©die socialeAnnĂ©e de sortie2014AvecHenri De LabbeyInfos supplĂ©mentaires—Avis des internautes 1Vous avez aimĂ© ce programme ?
1MqneB.
  • lufcdkb2rf.pages.dev/347
  • lufcdkb2rf.pages.dev/345
  • lufcdkb2rf.pages.dev/371
  • lufcdkb2rf.pages.dev/246
  • lufcdkb2rf.pages.dev/130
  • lufcdkb2rf.pages.dev/91
  • lufcdkb2rf.pages.dev/148
  • lufcdkb2rf.pages.dev/123
  • lufcdkb2rf.pages.dev/371
  • au nom de la vĂ©ritĂ© manipulations en entreprise