Eneffet, en transfĂ©rant ce « mal » sur le bouc Ă©missaire, ce processus permettrait notamment de diminuer la dissonance cognitive consĂ©cutive Ă  la dĂ©couverte d'aspects contradictoires avec Le bouc Ă©missaire est la victime d’une violence naturelle. En français, le mot bouc Ă©missaire » est mentionnĂ© dans le dictionnaire de FuretiĂšre de 1690 avec la dĂ©finition qui fut la premiĂšre connue le bouc qui porte sur lui tous les pĂ©chĂ©s d’IsraĂ«l. RenĂ© Girard prĂ©cise dans Le Bouc Ă©missaire que ce n’est que par la suite que le terme a pris son sens sĂ©culier, pour dĂ©signer une personne sur laquelle retombent toutes les fautes des autres. L’état de nature de Hobbes Le bouc Ă©missaire est un mĂ©canisme social universel. Que chacun se demande, invite RenĂ© Girard, oĂč il en est sous le rapport des boucs Ă©missaires. [
] Nous n’avons que des inimitiĂ©s lĂ©gitimes. Et pourtant l’univers entier fourmille de boucs Ă©missaires » Le Bouc Ă©missaire. DĂšs lors qu’un groupe se constitue, il est trĂšs susceptible de faire reposer son unitĂ© sur la commune dĂ©testation, par tous ses membres, d’un seul d’entre eux. Celui-ci est Ă  la fois dedans et dehors il ne peut ĂȘtre intĂ©grĂ©, car cela nuirait Ă  la cohĂ©sion interne ; il ne peut pas non plus ĂȘtre dĂ©finitivement expulsĂ©, voire supprimĂ©, car cela affaiblirait la catalyse produite par sa personne. RenĂ© Girard montre donc que le bouc Ă©missaire est dans une situation trĂšs particuliĂšre il est Ă  la fois absent, et Ă  la fois prĂ©sent. Il est absent parce qu’il ne participe pas aux activitĂ©s du groupe, du moins jamais d’égal Ă  Ă©gal avec les autres ; pour autant, il a une grande prĂ©sence, dans les esprits, dans les conversations, les moqueries, les insultes, car le groupe Ă©volue sans jamais cesser inconsciemment, bien sĂ»r de se cimenter. Il n’est jamais reprochĂ© aux victimes Ă©missaires d’ĂȘtre diffĂ©rentes, car chacun l’est ; il leur est reprochĂ© de ne pas diffĂ©rer comme il faut. L’amour chrĂ©tien RenĂ© Girard prĂ©sente le bouc Ă©missaire comme une victime nĂ©cessaire Le bouc Ă©missaire est dĂ©signĂ© dans certaines conditions. En effet, certaines caractĂ©ristiques prĂ©disposent leurs dĂ©tenteurs Ă  recevoir la colĂšre agrĂ©gĂ©e et dĂ©viĂ©e de tout un groupe. Les suspects sont accusĂ©s de crimes d’un type particulier, Ă©crit RenĂ© Girard. Certaines accusations sont tellement caractĂ©ristiques des persĂ©cutions collectives qu’à leur seule mention les observateurs modernes soupçonnent qu’il y a de la violence dans l’air ; ils cherchent partout d’autres indices susceptibles de confirmer leur soupçon, c’est-Ă -dire d’autres stĂ©rĂ©otypes persĂ©cuteurs » Le Bouc Ă©missaire. RenĂ© Girard dĂ©nombre plus prĂ©cisĂ©ment trois stĂ©rĂ©otypes de la persĂ©cution d’un bouc Ă©missaire. En premier lieu, une telle persĂ©cution est concomitante d’une Ă©clipse du culturel oĂč les rapports humains se dĂ©sagrĂšgent. Les accusations portĂ©es Ă  l’encontre des boucs Ă©missaires fondent ensuite le deuxiĂšme stĂ©rĂ©otype de persĂ©cution ils sont souvent accusĂ©s d’avoir commis des crimes fondamentaux crimes sexuels, crimes religieux qui signalent une grande bestialitĂ©, Ă  l’égard de victimes hautement symboliques des enfants, une vierge, le roi, le chef, le pĂšre, la mĂšre, etc.. Le troisiĂšme stĂ©rĂ©otype identifiĂ© par RenĂ© Girard porte sur le choix des boucs Ă©missaires les qualitĂ©s extrĂȘmes, comme la maladie, la folie, les difformitĂ©s physique ou gĂ©nĂ©tique, les mutilations accidentelles, et plus gĂ©nĂ©ralement les infirmitĂ©s polarisent la fausse culpabilitĂ©. La sociĂ©tĂ© contre l’État selon Pierre Clastres Le bouc Ă©missaire est lynchĂ© pour mettre fin Ă  une crise collective. Ce phĂ©nomĂšne est causĂ© par le mimĂ©tisme humain, qui grandit en intensitĂ© jusqu’à produire la violence. Il existe un dĂ©nominateur commun Ă  tous les sacrifices, d’autant plus visible et prĂ©pondĂ©rant que l’institution demeure plus vivante la violence intestine. Pour RenĂ© Girard, le sacrifice a vocation Ă  Ă©liminer les dissensions, les rivalitĂ©s, les jalousies, les querelles entre proches – il prĂ©serve et renforce, ce faisant, l’harmonie de la communautĂ©. Ainsi, la sociĂ©tĂ© chercherait inconsciemment Ă  dĂ©tourner vers une victime relativement indiffĂ©rente, donc sacrifiable », une violence qui menace ses propres membres, ceux qu’elle entend Ă  tout prix protĂ©ger. Elle ruse donc avec la violence de ses propres membres afin d’en esquiver le terrible dĂ©chaĂźnement, la brutalitĂ© aveugle et l’absurditĂ©. GrĂące aux mĂ©canismes persĂ©cuteurs, explique RenĂ© Girard, l’angoisse et les frustrations collectives trouvent un assouvissement vicaire sur des victimes qui font aisĂ©ment l’union contre elles, en vertu de leur appartenance Ă  des minoritĂ©s mal intĂ©grĂ©es » Le Bouc Ă©missaire. La crise rĂ©solue par le sacrifice du bouc Ă©missaire, la communautĂ© est animĂ©e par la volontĂ© de sauvegarder la paix sociale, de faire durer la trĂȘve le plus longtemps possible. Or, comme elle garde en mĂ©moire la persĂ©cution qui lui a redonnĂ© l’unitĂ© perdue, elle institue alors un rituel pour rejouer l’épisode miraculeux qui l’a sauvĂ©e. L’agression selon Konrad Lorenz
Lebouc émissaire. Le Bouc-émissaire est la victime innocente que la communauté croit vraiment coupable. Sacrifiée, elle redonnera la paix et se révélera souvent comme le dieu de la religion sacrée. Enfin Schwager défend la théorie contre certaines objections. Freud à qui la sexualité dissimule la nature du désir.
Plus je lis RenĂ© Girard et plus je trouve que sa vision colle Ă  notre monde. En trĂšs simplifiĂ© sa thĂšse fondamentale est que les groupes humains gĂšrent leur violence naturelle, inĂ©vitable, nĂ©cessaire Ă  la survie, par le recours Ă  un objet qui sert d’exutoire le bouc Ă©missaire. Cette notion de bouc Ă©missaire est issue de la tradition juive. Le bouc est supposĂ© porter sur lui tous les pĂ©chĂ©s d’IsraĂ«l, et sa mise Ă  banc produit un effet d'expiation, ou d’attribution du bien Ă  ceux qui le condamnent. Quand une foule hostile rejette un membre de sa communautĂ© ou une communautĂ© entiĂšre, cela signifie que cette foule s’attribue le bien et projette sur le membre rejetĂ© le mal. En rejetant le mal », on se place automatiquement du cĂŽtĂ© du bien ». Le bouc Ă©missaire est quelqu’un Ă  qui une communautĂ© attribue la cause du mal. On rejette sur lui nos erreurs ou nos insuffisances et on lui en fait porter la responsabilitĂ©. Il est tellement plus simple, pour se sentir pur, de dĂ©clarer les autres impurs. Les juifs ont Ă©tĂ© collectivement le bouc Ă©missaire des sociĂ©tĂ©s europĂ©ennes pendant des siĂšcles. Le bouc Ă©missaire doit payer, et en gĂ©nĂ©ral il paie de sa vie, qu'il soit coupable ou innocent. C’est la mĂ©thode la plus sĂ»re pour Ă©liminer toute contestation de son rĂŽle de mĂ©chant », et pour Ă©viter d’ĂȘtre soi-mĂȘme mis en cause dans notre rĂŽle de gentils » ou de purs ». Peut importe de sacrifier un innocent. Un coupable est d'ailleurs en partie innocent il n'est coupable que parce que nous avons des failles, mais il est innocent de nos failles. Il n'est de voir que le dĂ©sir d'aggravation des lois rĂ©pressives aprĂšs chaque crime sexuel ou crime commis contre des enfants, et les marches blanches organisĂ©es dans ce dernier cas. Blanches comme la puretĂ© que nous voulons nous-mĂȘmes endosser pour colmater nos failles et dire bien haut "Non, nous nous dĂ©douanons de ce crime", laissant l'entiĂšretĂ© de la noirceur aux criminels. Il n'y a guĂšre que pour certains infanticides maternels que la communautĂ© dĂ©douane la coupable, inventant une maladie de "dĂ©ni de grossesse". Cette maladie rĂ©duit la responsabilitĂ© et donc l'horreur du crime, comme si la fonction maternelle devait ĂȘtre prĂ©servĂ©e qui qu'il advienne de l'opprobre du "mal". Quelqu'un fait le mal tue mais ce n'est pas de notre faute. L'auteure du crime ne peut donc servir de bouc Ă©missaire. Une communautĂ© peut fabriquer des coupables. Sacrifier un vrai coupable n’a qu'une fonction libĂ©ratrice limitĂ©e, car aprĂšs tout c’est normal. Mais fabriquer un coupable dans le but de lui attribuer l'origine de nos maux active puissamment le moteur de l’expiation qui nous valide dans l'hypothĂšse que nous sommes portĂ©s par le "bien". Hitler l'avait bien compris. PlutĂŽt que de laisser une sociĂ©tĂ© ĂȘtre dĂ©vorĂ©e par sa violence, violence qui peut se tourner contre elle-mĂȘme la criminalitĂ© n'Ă©tant qu'une des formes de dĂ©sir frustrĂ© qui gĂ©nĂšre une violence anti-sociale, il est plus Ă©conomique de diriger la violence vers un objet et de trouver un responsable qui endosse le mauvais rĂŽle et assume la punition. Une origine de cette violence, selon Girard, est le dĂ©sir mimĂ©tique, c’est-Ă -dire le fait vouloir ressembler Ă  l'autre ou Ă  dĂ©faut de dĂ©sirer ce que l’autre possĂšde et de s’en approprier pour ĂȘtre semblable Ă  lui. Si votre voisin possĂšde une voiture alors que vous n’avez qu’un scooter, l’envie de la voiture viendra trĂšs probablement. La grosseur de la voiture Ă©tant ensuite un signe de reconnaissance sociale, de puissance, et donc objet de dĂ©sir et dĂ©sir de ressemblance qui ne prĂ©fĂšre pas ĂȘtre puissant et autonome plutĂŽt que faible et dĂ©pendant ?. L’envie a un autre nom l’admiration. Dans l’admiration on attribue Ă  l’autre des qualitĂ©s d’ĂȘtre que l’on ne se sent pas possĂ©der. Un chef de guerre provoque l’admiration par un fait d’arme plein de bravoure. Un Gandhi provoque aussi l'admiration par son engagement et sa philosophie. Ce faisant il prennent une forme d’ascendant sur ceux qui les admirent. Il sont des modĂšles Ă  atteindre. Mais on ne peut pas ĂȘtre » l’autre. L’admiration suppose presque inĂ©vitablement une forme d'impuissance personnelle en comparaison du modĂšle. Elle s’oriente alors vers l’envie de possĂ©der les mĂȘmes biens que lui. Quand c’est impossible l’admiration se transforme en haine, et l’on trouve peu Ă  peu Ă  l’idole des dĂ©fauts qui en font un ĂȘtre mĂ©prisable. On lui attribue aussi nos propres malheurs. Le puissant n’est aimĂ© que quand on peut l’utiliser pour se protĂ©ger, pour lui ressembler ou quand il nous gratifie d’un peu de sa puissance. Quand il ne nous gratifie plus assez de ses largesses argent, considĂ©ration, amitiĂ© il devient un ennemi. Le bouc Ă©missaire se recrute principalement parmi les gens que l’on a admirĂ©s ou enviĂ©s. Notre impuissance Ă  ĂȘtre eux en fait peu Ă  peu des adversaires. Le modĂšle que l'on admire est forcĂ©ment un jour un obstacle, Ă  moins de perdre sa qualitĂ© de modĂšle. Mais s’il perd sa qualitĂ© de modĂšle il ne mĂ©rite plus notre admiration, et notre moteur de l'envie ne se met pas en route. Quel que soit le besoin que certains peuvent avoir d’ĂȘtre un hĂ©ros besoin de reconnaissance, de se prouver sa valeur, de revanche, de coller Ă  un mythe, d'obtenir du pouvoir, etc, ils ont tout pour devenir des boucs Ă©missaires s’ils persistent Ă  alimenter ce besoin. Certains espĂšrent s'affarnchir du sort peu enviable du bouc et demeurer Ă  jamais objets d'admiration et dĂ©tenteurs de puissance. Mais ĂȘtre un bouc Ă©missaire et rĂ©ussir Ă  dĂ©monter le mĂ©canisme de victimation n’est pas si facile. Le mythe s’y oppose. Or la victime innocente rejoint le mythe et s'en alimente en mĂȘme temps qu'elle l'alimente. Le mythe nous dĂ©possĂšde de nous-mĂȘmes. Quel pouvoir avons-nous alors sur notre propre destin ? OĂč est notre libertĂ© dans ce processus ? On peut bien sĂ»r Ă©viter de devenir bouc Ă©missaire. Mais d'une part cela se passe malgrĂ© nous, et d'autre part si l'on y parvenait, aux prix de quelles contorsions et compromissions faudrait-il le payer ? Dans le christianisme, le personnage de JĂ©sus est typique du mĂ©canisme mimĂ©tique et victimaire dĂ©crit par RenĂ© Girard. Il devient bouc Ă©missaire mais en survivant Ă  la crucifixion selon la croyance chrĂ©tienne il dĂ©fait le mythe, qui ne peut s’accomplir normalement. La victime rejetĂ©e devient le guide d’un nouveau comportement, oĂč l’expiation collective grĂące au bouc Ă©missaire ne fonctionne plus. Pourtant notre sociĂ©tĂ© produit encore des boucs Ă©missaires. Mais elle dĂ©veloppe simultanĂ©ment, et de maniĂšre inverse, un culte de la victime, cela peut-ĂȘtre depuis que JĂ©sus, "l'agneau de Dieu", a fait de la victime sacrificielle un accablement pour le monde et non plus une catharsis ou une possibilitĂ© d'expiation et de libĂ©ration. Ce culte n’est que l’envers du binĂŽme bourreau-victime. La simultanĂ©itĂ© des deux productions conduit Ă  une confusion majeure des valeurs, dont notre Ă©poque est reprĂ©sentative. On pourrait presque dire que malgrĂ© la rĂ©gression de l'influence de la religion, notre Ă©poque est plus chrĂ©tienne que jamais. Les puissants d’aujourd’hui sont toujours admirĂ©s, toujours dĂ©testĂ©s, toujours jalousĂ©s. Mais s’ils deviennent victimes ils induisent la production de nouveaux puissants car nulle sociĂ©tĂ© ne peut fonctionner sur les traces de la victime. Etre victime ne peut ĂȘtre qu’un statut temporaire, pas une norme gĂ©nĂ©rale. Un autre aspect de ce dĂ©sir de ressemblance, ce dĂ©sir mimĂ©tique, est qu’il fonctionne forcĂ©ment avec une diffĂ©rence. La diffĂ©rence entre deux puissants est nĂ©cessaire pour que l’un envie ou admire l’autre. Les puissants pouvant ĂȘtre des chefs politiques comme des chefs d’ateliers ou un grand frĂšre le mĂȘme mĂ©canisme se reproduit Ă  tous niveaux. Si deux individus ont le mĂȘme niveau de puissance ou de richesse, le moteur d’évolution de la sociĂ©tĂ© se grippe. L’indiffĂ©renciation sera tĂŽt ou tard confrontĂ©e Ă  une nouvelle violence Ă  cause d'un nouveau dĂ©sir car le dĂ©sir est inhĂ©rent Ă  l'humain dont on ne connaĂźt pas la nature donc les ravages possibles. La diffĂ©renciation est une condition de dĂ©veloppement du vivant comme la diffĂ©renciation sexuelle, pas exemple. Elle sert aussi Ă  prĂ©server un ordre social oĂč la violence est canalisĂ©e. De la nĂ©cessaire diffĂ©renciation Ă  l'inĂ©galitĂ©, le pas est souvent franchi, alors que les deux notions ne sont pourtant pas du mĂȘme ordre. Mais l'indiffĂ©renciation est-elle viable socialement ? Une sociĂ©tĂ© Ă©galitariste tiendrait-elle la longueur alors que les ĂȘtres sont diffĂ©rents en talents, capacitĂ©s, dĂ©sirs ? Et l'inĂ©galitĂ© est-elle obligatoirement cause de domination et d'oppression ? La thĂšse de Girard semble laisser entendre qu’une sociĂ©tĂ© Ă©galitaire produirait tĂŽt ou tard une violence inconnue et par lĂ  incontrĂŽlable. Dans l'indiffĂ©renciation, la dynamique si puissante du dĂ©sir et de l’envie, qu’il rattache Ă  la nature humaine, n’aurait plus de cadre pour s’exprimer. Mais, ayant identifiĂ© cette dynamique mimĂ©tique comme source de violence injuste le bouc Ă©missaire, n'est-il pas souhaitable de la dĂ©samorcer ? Et si oui, comment ? DĂ©samorcer cette dynamique suppose une dĂ©marche personnelle de soustraction au mĂ©canisme de l’envie, de l’admiration, de la jalousie et du reproche. Commencer donc par refus d'admirer ou d'ĂȘtre admirĂ©. Une telle dĂ©marche est-elle possible individuellement, sans une validation collective du constat d’épuisement du dĂ©sir mimĂ©tique, de l'envie, et de l'inĂ©vitable jalousie qui s'en suit Ă©puisement qui nĂ©cessite la prĂ©sence de l'autre pour ĂȘtre rĂ©el et vĂ©rifiable ? S’il faut une validation collective, sur quelle base et dans quel cadre peut-elle se faire pour remplacer le rĂŽle des religions, qui avaient cette fonction, mais aujourd’hui devenues obsolĂštes dans leurs rites et croyances cosmogoniques ? La rĂ©flexion sur les thĂšses de RenĂ© Girard amĂšne des clĂ©s Ă  la fois dans la lecture de la sociĂ©tĂ© et dans la lecture de mon propre itinĂ©raire. Ce qui me convient bien car je ne puis imaginer une transformation sociale sans que l'individu soit lui-mĂȘme objet d'une transformation prĂ©alable. Je crois plus Ă  la sociĂ©tĂ© formĂ©e par les individus regroupĂ©s et responsables de ce qui les habite qu'Ă  l'individu formatĂ© par la sociĂ©tĂ© et donc irresponsable. L'individu responsable n'est plus ni bourreau ni victime. Un chemin qui bouscule la plupart des rapports humains et des mĂ©canismes relationnels. Denos jours, on dit d’une personne qu’elle est le bouc Ă©missaire lorsqu’un groupe la rend responsable de toutes les fautes. Les autres membres du groupe ont un comportement agressif envers elle qui est dĂ» Ă  une frustration dont elle n’est pas responsable. Le bouc Ă©missaire peut aussi ĂȘtre appelĂ© le souffre douleur, le mouton noir.
La suite est rĂ©servĂ©e aux abonnĂ©s... AccĂ©dez Ă  tous les contenus abonnĂ©s Soutenez une rĂ©daction indĂ©pendante Recevez le RĂ©veil Courrier chaque matin Source de l’article Financial Times LondresFondĂ© en 1888 sous le nom de London Financial Guide, un journal de quatre pages destinĂ© “aux investisseurs honnĂȘtes et aux courtiers respectables”, le Financial Times est aujourd’hui le quotidien financier et Ă©conomique de rĂ©fĂ©rence en Europe. Il n’y a pas une institution financiĂšre ou banque digne de ce nom qui ne reçoive un exemplaire de ce journal britannique immĂ©diatement reconnaissable Ă  son papier rose saumon. RachetĂ© par le groupe japonais Nikkei en 2015, le “journal de la City” voit son nombre d’abonnĂ©s Ă  l’édition papier s’éroder peu Ă  peu 155 000 en fĂ©vrier 2020, mais compte plus de 740 000 abonnĂ©s numĂ©riques ; 70 % de son lectorat rĂ©side hors du Royaume-Uni. Plus de 600 journalistes rĂ©partis dans plus de 40 pays collaborent au titre. Lire la suite
Maisl'ENA ne doit pas ĂȘtre le bouc Ă©missaire de la crise sociale et politique que la France connaĂźt. Je crois surtout que l'ENA est une Ă©cole en pleine transformation. C'est le challenge qu'a Pas facile de s’attaquer Ă  un texte de Bernard-Marie KoltĂšs. Un gĂ©ant incontournable du théùtre français des annĂ©es 1980 et 1990. Mais aussi l’auteur d’une langue si pure et originale qu’elle est souvent complexe Ă  mettre en scĂšne. Ces derniĂšres annĂ©es, le dramaturge a Ă©tĂ© moins jouĂ© sur les plateaux de France. Serait-ce l’impression laissĂ©e par son complice, le metteur en scĂšne Patrice ChĂ©reau, fondateur du théùtre des Amandiers, d’avoir tant sublimĂ© les piĂšces du dramaturge ?Ludovic Lagarde n’a pas froid aux yeux. AprĂšs sa comĂ©die glaçante La Collection, de Harold Pinter avec notamment Mathieu Amalric, Micha Lescot et Laurent Poitrenaux et les piĂšces d’Olivier Cadiot telles que LeColonel des Zouaves, le metteur en scĂšne s’attaque Ă  une Ɠuvre emblĂ©matique de Bernard-Marie KoltĂšs Quai Ouest, que ChĂ©reau a sublimĂ© il y a 35 ans aux Amandiers. Je ne me sens pas empesĂ© par l’histoire », confie-t-il quand on Ă©voque avec lui les annĂ©es KoltĂšs-ChĂ©reau. Le rĂ©sultat, magistral, donne froid dans le dos. Un hangar dĂ©saffectĂ© prĂšs du fleuve et des ombres qui rĂŽdent
 Ludovic Lagarde revient Ă  la source de Bernard-Marie KoltĂšs avec une troupe enfiĂ©vrĂ©e et convaincante, notamment Dominique Reymond magnifique CĂ©cile, ChristĂšle Tual cruelle Monique, Micha Lescot Charles et Laurent Poitrenaux Koch. Une langue poĂ©tique et crue portĂ©e par une magnifique scĂ©nographie autour d’un hangar dĂ©saffectĂ© et hantĂ©e par la recherche du bouc Ă©missaire. Point L’histoire de Quai Ouest » prend sa source dans un voyage de Bernard-Marie KoltĂšs Ă  New York en 1981
Ludovic Lagarde Oui, c’est l’histoire d’un homme qui s’appelle Maurice Koch, administrateur de biens et qui a ruinĂ© le fonds qu’il gĂ©rait. PlutĂŽt que de se rendre au conseil d’administration pour annoncer la mauvaise nouvelle, il se fait conduire par sa secrĂ©taire, Monique, Ă  bord d’une Jaguar, sur les quais du fleuve, dans des hangars abandonnĂ©s la nuit, pour s’y suicider. LĂ , il tombe sur une faune de gens qui traĂźnent lĂ . KoltĂšs dit que c’est l’histoire de la dĂ©sagrĂ©gation d’un milieu par un corps Ă©tranger. Tous les gens qui vivent lĂ , que ce soit la famille d’immigrĂ©s sud-amĂ©ricains, le jeune voyou ou le rĂ©fugiĂ© d’origine africaine, sont au bout du quai socialement et rĂȘvent d’un ailleurs possible. Ils vont se dĂ©chirer au contact de cet homme KoltĂšs s’est inspirĂ© d’un lieu marginal et mythique de New York dans les annĂ©es 1970, le Pier 52
Il en parle dans ses lettres parues aux Ă©ditions Minuit. Il se fait conduire une nuit dans ce fameux hangar au bord du fleuve de l’Hudson, Ă  New York. Un lieu de rencontres nocturnes, interlopes, oĂč se cĂŽtoyait une partie de la communautĂ© gay et des trafiquants de drogue. Ce mĂ©lange de populations diverses, du financier de l’Upper East Side au jeune droguĂ©, le frappe. Il est fascinĂ© par ce lieu effrayant, mystĂ©rieux et magique. Il y a presque une LIRE AUSSIGardiens de musĂ©e, GPA et tragĂ©dies 12 piĂšces de théùtre Ă  voirComment avez-vous reprĂ©sentĂ© le hangar du quai ?La scĂ©nographie est la grande gageure de cette piĂšce. KoltĂšs parle d’un hangar et complique les choses en indiquant que cela se passe tantĂŽt au bord de l’eau, tantĂŽt sur la jetĂ©e, tant sur une autoroute abandonnĂ©e attenante
 J’ai vraiment voulu reprĂ©senter le hangar comme un personnage Ă  part entiĂšre, un lieu qui gĂ©nĂšre l’histoire et d’oĂč surgissent les quoi Quai Ouest » nous parle-t-il en 2021 ?C’est une piĂšce trĂšs riche et touchante qui brasse des questions universelles. Il y a des histoires de gĂ©nĂ©rations qui se confrontent, des rĂȘves de libertĂ©, des enfermements. C’est une piĂšce qui travaille beaucoup la question du bouc Ă©missaire. Chacun dans sa souffrance va trouver une excuse pour trouver un bouc Ă©missaire chez l’autre. C’est quelque chose qui rĂ©sonne malheureusement encore aujourd’hui avec l’actualitĂ© politique française. C’est un thĂšme cher Ă  Éric point de vue historique, ce qui m’intĂ©resse beaucoup aussi, c’est ce tournant des annĂ©es 1980 d’oĂč Ă©crit KoltĂšs. Une Ă©poque passionnante. On le voit Ă  travers le personnage de Koch, c’est encore le capitalisme Ă  l’ancienne. Puis arrive une nouvelle phase du capitalisme, le capitalisme financier, etc., les stock-options, les actionnaires, les tradeurs
 Chez nous, on le voit trĂšs bien, en 1983 avec le tournant de la rigueur du prĂ©sident Mitterrand puis les annĂ©es Tapie, les annĂ©es finances. C’est ce moment-lĂ  oĂč s’invente l’époque que nous avons traversĂ©e depuis presque quarante ans et qui vient Ă  nouveau Ă©chouer aujourd’hui. On voit bien que face Ă  toutes les questions climatiques, sanitaires, Ă©conomiques, de justice, on voit bien que lĂ , c’est la fin de ce systĂšme. La piĂšce tĂ©moigne de ce tournant historique. Pratiquement toutes les scĂšnes contiennent du troc, un business. C’est presque comme si le langage du commerce venait contaminer finalement les relations humaines, sentimentales et sociales. D’ailleurs, ensuite KoltĂšs va ramasser cette question dans sa piĂšce suivante, Dans la solitude des champs de coton, qui devient le dialogue entre un dealeur et un place tient KoltĂšs au sein du théùtre français ?Dans Quai Ouest, il y a une dĂ©bauche. Quelque chose de baroque. Il y a l’influence du cinĂ©ma, de la littĂ©rature. C’est une sorte de piĂšce-livre, qui oscille aux bords du théùtre. Comme un fleuve qui sort de son lit en permanence, y revient, qui tente des choses. KoltĂšs cherche Ă  aller plus loin que le théùtre. Il est et reste un dramaturge incontournable. Son Ă©criture est du cĂŽtĂ© du poĂšme et de la littĂ©rature. Elle s’inscrit dans une tradition française, si on remonte Ă  Jean Genet, Ă  Paul Claudel ou Ă  Jean Racine. Le théùtre français a cette particularitĂ© d’ĂȘtre du cĂŽtĂ© de la langue. Ce n’est pas le cas de toutes les traditions théùtrales. KoltĂšs perpĂ©tue une tradition littĂ©raire et poĂ©tique. Il la rĂ©nove, la rĂ©invente avec un cĂŽtĂ© un peu rimbaldien qui continue de fasciner aujourd’hui. Quai Ouest », mise en scĂšne de Ludovic LagardĂšre. Jusqu’au 9 octobre au TNB, Ă  Rennes, puis Ă  Poitiers, Albi, Clermont-Ferrand, Strasbourg, Arras-Douai, et du 3 au 19 fĂ©vrier 2021 aux Amandiers, Ă  LIRE AUSSISĂ©phora Pondi et ClaĂŻna Clavaron, les nouveaux talents de la ComĂ©die-Française
Sivous connaissez cette expression, vous savez sans doute que le bouc Ă©missaire est un individu Ă  qui on fait porter la faute pour les autres. C’est celui que l’on dĂ©clare coupable. Cependant, vous ignorez peut-ĂȘtre que cette expression est empruntĂ©e Ă  la Bible. Voyons un peu de quoi il s’agit au juste.
Utilisez le Boxeur de boucs de Garyanne sur 12 Boucs Ă  LumĂšche. Boucs bousculĂ©s 12 Objet fourni PĂ©toire Ă  bouc 1 DescriptionNous avons un petit problĂšme avec les chĂšvres ici Ă  LumĂšche, au cas oĂč vous ne l'auriez pas remarquĂ©. Elles mangent tout, avec une prĂ©fĂ©rence pour les piles de rouages et d'engrenages que nous laissons traĂźner un peu devient vraiment plupart des animaux errent aux limites de la ville, prĂšs du bord de la falaise. Utilisez cet appareil pour les bousculer » un RĂ©compensesVous recevrez PĂ©toire Ă  bouc GainsLors de l'achĂšvement de cette quĂȘte vous gagnerez VĂ©rifiez si vous l'avez dĂ©jĂ  terminĂ© en tapant /run print GuidesInformations connexes Contribuer
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Lettretype : Le Bouc Ă©missaire. Recherche parmi 274 000+ dissertations. Par vismie ‱ 17 Avril 2014 ‱ Lettre type ‱ 391 Mots (2 Pages) ‱ 578 Vues. Page 1 sur 2. Un innocent sur lequel, va s’acharner un groupe de personne pour s’exonĂ©rer de sa propre faute ou masquer son Ă©chec. Comment peut-on expliquer, le besoin de crĂ©er ce
Le bashing en entreprise constitue une forme de harcĂšlement, de manipulation, de violence. La psychanalyse apporte ses solutions aux victimes. Le bashing est l’illustration de la violence d’un groupe envers un individu. Le harcĂšlement et la manipulation qui en sont constitutifs semblent trouver leur source dans certains modĂšles de management. Je pense plus spĂ©cifiquement Ă  l’une de mes patientes qui travaillait dans un Ă©norme cabinet d’avocats ayant des succursales Ă  l’international mais cet exemple peut servir d’analogie Ă  un service marketing
. Au sommet se trouvent les associĂ©s et juste en dessous les avocats salariĂ©s avec, plus bas le petit » personnel secrĂ©taires, assistantes, stagiaires. Ce cabinet se situe sur plusieurs Ă©tages d’un immeuble prestigieux de la capitale. Le personnel travaille en open spaces gigantesques oĂč Ă©voluent une cinquantaine de salariĂ©s. Si les personnes ne sont pas assez performantes, ne rendent pas le travail Ă  rĂ©aliser en temps et en heure, elles sont licenciĂ©es sans Ă©tat d’ñme. Les salariĂ©s sont de ce fait extrĂȘmement stressĂ©s et vivent dans la crainte d’ĂȘtre renvoyĂ©s. L’individu, noyĂ© dans la masse, n’est pas reconnu en tant que personne ; il est juste un objet qui doit produire du rĂ©sultat. Le bashing ne peut donc exister que dans un environnement devenu hostile aux individus. Ma patiente me parlait du bashing concernant une personne qu’elle apprĂ©ciait particuliĂšrement car Ă  son arrivĂ©e dans l’entreprise, cette derniĂšre avait Ă©tĂ© la seule Ă  l’avoir aidĂ©e dans cet environnement rude. Car le bashing se caractĂ©rise par l’exclusion, la violence et la stigmatisation de la victime. Le groupe exclut la victime Le salariĂ© faisant l’objet de bashing est complĂ©tement exclu du groupe personne ne lui parle Ă  la machine Ă  cafĂ©, ne lui dit bonjour ou au revoir ; elle dĂ©jeune seule. Cette exclusion fait l’objet d’un consensus de la part du groupe. On ne va pas prendre le risque de se montrer avec elle. Ma patiente me racontait qu’elle Ă©tait la seule Ă  lui parler et Ă  entretenir des relations amicales avec elle. Elle me disait qu’elle connaissait les risques qu’elle encourait, ceux d’ĂȘtre elle-mĂȘme victime dans un futur proche de bashing si elle ne participait pas Ă  la curĂ©e, mais qu’elle s’en moquait, car elle Ă©tait complĂ©tement rĂ©voltĂ©e par cette pratique inhumaine. Le groupe est violent et harcĂšle la victime La victime doit faire face ici Ă  une violence inouĂŻe et, dans le cas dĂ©crit, silencieuse. Les autres salariĂ©s parlent derriĂšre son dos, se moquent d’elle, sont liguĂ©s contre elle. Elle ne peut rĂ©pondre car tout est fait avec subtilitĂ© et finesse. Tout est dans l’attitude et le non-dit. L’exclusion peut sans doute ĂȘtre Ă©galement plus efficace avec des actes de violence moins larvĂ©s. Le groupe se comportant alors comme un harceleur. Le bashing, outil utile au groupe Trois avantages » majeurs ressortent clairement du bashing en entreprise
 Du bashing naĂźt la cohĂ©sion du groupe Outre le fait que le bashing fournit un sujet de discussion Ă  chaque instant de la journĂ©e, il a pour effet que chaque individu est d’accord avec l’autre pour dire que la victime est LA personne qui est la plus nulle, la plus moche, la plus mal habillĂ©e, la plus
 Ainsi, de cet acharnement, naĂźt une cohĂ©sion. On devient amis avec les autres membres du groupe car on est d’accord. De plus, savoir qu’on est d’accord sur tout concernant cette personne soude une Ă©quipe. Du bashing naĂźt une sorte de catharsis Je pense que le mal-ĂȘtre en entreprise est parfois tel que, finalement, se liguer contre une victime fait du bien. D’une part parce que on se sent moins seul dans cet univers inhumain et que d’autre part on fait subir Ă  la victime ce qu’on subit plus ou moins soi-mĂȘme. Du bashing naĂźt la protection des membres du groupe La victime reprĂ©sente tout ce qu’on haĂŻt. Elle canalise sur elle toutes les rancƓurs, frustrations, mĂ©chancetĂ©s. Elle a ainsi une fonction vitale pour les membres du groupe les protĂ©ger individuellement. Ils ne risquent rien car une personne est dĂ©jĂ  dĂ©signĂ©e et porte tous les stigmates. C’est le bouc Ă©missaire ! Le bashing une triple articulation en psychanalyse Le bashing rĂ©unit Ă  lui seul trois thĂšmes qui sont le harcĂšlement, les comportements d’un individu pris dans un groupe, et la notion de bouc Ă©missaire. Le harcĂšlement moral Le bashing est clairement une forme de harcĂšlement moral. La victime ne peut se dĂ©fendre. MalgrĂ© toute sa bonne volontĂ©, malgrĂ© tous ses efforts, elle n’aura jamais raison et sera toujours en faute. Elle sera soumise Ă  des injonctions contradictoires, subira des humiliations et finira par quitter d’elle-mĂȘme son travail car sa santĂ© physique et psychique sera profondĂ©ment mise Ă  mal. Dans les cas extrĂȘmes, elle pourra attenter Ă  ses jours. Ce qui est remarquable c’est que ce sont les individus du groupe qui harcĂšlent la victime. Or, un groupe de 50 personnes ne peut se composer de 50 harceleurs. Illustration que le groupe influence le comportement individuel
 La psychologie de masse Dans Psychologie des masses et analyse du moi », Freud a clairement dĂ©montrĂ© que l’individu noyĂ© dans un groupe abdique son jugement personnel, sa capacitĂ© Ă  rĂ©flĂ©chir et mĂȘme et surtout ses valeurs morales au bĂ©nĂ©fice du groupe. Le groupe devient une entitĂ© vivant sa propre vie et crĂ©ant ses propres schĂ©mas de pensĂ©e. Ainsi, nous pouvons remarquer cet effet de groupe lors d’une rĂ©union de personnes chargĂ©es, par exemple, d’évaluer un candidat. Il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que la premiĂšre opinion concernant le candidat fera loi le biais cognitif de la premiĂšre impression. Si l’avis est favorable, le reste du groupe va majoritairement suivre cet avis. Dire que nous ne sommes pas d’accord avec la majoritĂ© devient un acte de bravoure. Il faut alors une sacrĂ©e dose de confiance en soi pour oser s’opposer au groupe, comme le suggĂšre l’expĂ©rience de Asch. ProposĂ©e par le psychologue Solomon Asch, elle dĂ©montre Ă  quel point les individus peuvent ĂȘtre sensibles Ă  la pression du groupe, au point de faire des choix qui vont Ă  l’encontre de l’évidence. Ainsi, des sujets pouvaient affirmer que deux lignes avaient la mĂȘme longueur alors que l’écart Ă©tait pourtant trĂšs visible car supĂ©rieur Ă  5 centimĂštres. Les rĂ©sultats de cette expĂ©rience ont montrĂ© que la plupart des sujets rĂ©pondaient correctement en l’absence d’influence extĂ©rieure, mais qu’un grand nombre 32%, finissait par se conformer aux mauvaises rĂ©ponses soutenues Ă  l’unanimitĂ© par les complices qui donnaient une rĂ©ponse erronĂ©e. [youtube id= »7AyM2PH3_Qk » width= »620″ height= »360″] Bashing et bouc Ă©missaire Le bouc Ă©missaire Ă©tait Ă  l’origine une victime sacrificielle, innocente, que les sociĂ©tĂ©s primitives choisissaient dans un rite de purification afin de combattre une calamitĂ© ou de chasser une force menaçante. Un animal ou une personne Ă©tait choisi et traĂźnĂ© hors de la citĂ©, oĂč il Ă©tait parfois mis Ă  mort ; cette victime Ă©tait censĂ©e se charger de tous les maux de la citĂ©. Dans le cas du bashing, la victime porte sur elle tous les maux des individus composant l’entreprise. L’organisation, telle une citĂ©, va dĂ©signer une victime expiatoire, la charger de tous les vices, de tous les maux afin de se soulager des blessures, du mal-ĂȘtre. En conclusion, notre sociĂ©tĂ© si moderne, si Ă©voluĂ©e » qui essaye tellement de purifier, d’assainir, de stĂ©riliser, de dĂ©sinfecter, de rendre les rapports entre humains bienveillants, cette sociĂ©tĂ© si aseptisĂ©e, ne peut en rĂ©alitĂ© rien contre le fait que nous sommes fondamentalement des peuples primitifs, et que malgrĂ© toute l’avancĂ©e des sciences nous rĂ©agissons, sans peut-ĂȘtre mĂȘme nous en rendre compte, comme les sociĂ©tĂ©s soi-disant archaĂŻques en reproduisant le schĂ©ma primitif du bouc Ă©missaire. Un solide travail avec un psychanalyste peut ĂȘtre un remĂšde Ă  ces dĂ©bordements, car plus nous nous connaissons et moins nous sommes susceptibles de nous laisser envahir par un groupe. Travailler sur soi permet d’exister en tant qu’individu maĂźtre de sa vie. *** Sur un sujet proche, abordant psychanalyse, entreprise, organisation et management Comment moins subir la pression et le conformisme du groupe au service marketing ? Pervers narcissique et service marketing Dans mon livre La psy qui guĂ©rit lire le rĂ©sumĂ©, j’aborde entre autres le harcĂšlement au travail c Ill. DepositPhotos

Lebouc Ă©missaire est, notamment, un phĂ©nomĂšne de substitution: pour ne ne pas Ă  avoir Ă  ĂȘtre confrontĂ© Ă  des questions qui fĂąchent vraiment, qui seraient susceptibles de dĂ©stabiliser

ï»żNous pouvons faire le constat que notre monde est rempli de violence et que nous Ă©prouvons des difficultĂ©s Ă  vivre paisiblement. L’homme a en lui une dose de violence qui prend malheureusement souvent le dessus
 Comment cela se fait-il ? Dans cet article, nous allons partir de l’hypothĂšse qu’une grande partie de cette violence est liĂ©e Ă  la peur de ne pas exister » et que cela peut expliquer en partie le mĂ©canisme du bouc-Ă©missaire. Pour illustrer cela, prenons un exemple bien concret si on met 2 jeunes enfants dans une piĂšce avec uniquement 2 jouets, exactement les mĂȘmes ; Que va-t-il se passer ? AprĂšs un petit temps d’observation, on peut constater que chacun des 2 enfants va vouloir jouer avec le mĂȘme jouet et que cela va se terminer inĂ©vitablement dans des pleurs et des cris
 Ces deux enfants expriment Ă  leur maniĂšre un problĂšme fondamental auquel nous sommes tous confrontĂ©s en chacun de nous, existe confusĂ©ment mais ontologiquement la peur de ne pas ĂȘtre. Cette peur est ontologique car elle est constitutive de ce que nous sommes. Elle se situe au plus profond de notre ĂȘtre. Pour avoir l’impression d’avoir une place et d’exister, on va vouloir possĂ©der ce que l’autre a. Quand le premier enfant a saisi un des deux jouets, le deuxiĂšme a perçu confusĂ©ment ceci L’autre a un objet, il possĂšde cet objet. L’autre EST puisqu’il a ce que moi je n’ai pas. Il existe Si je veux ÊTRE moi aussi, je dois avoir le jouet qu’il a Donc, je dois avoir ce qu’il a, comme cela, moi aussi, je serai
 Cela peut paraĂźtre simpliste, mais ce mĂ©canisme, cette peur de ne pas ĂȘtre est ancrĂ©e en chacun de nous peur de ne pas ĂȘtre considĂ©rĂ©, peur de ne pas ĂȘtre regardĂ©, peur de ne pas ĂȘtre apprĂ©ciĂ©, peur de perdre, 
 Toutes des peurs qui font partie de cette peur plus gĂ©nĂ©rale qui est la peur de ne pas ĂȘtre et qui amĂšne beaucoup de souffrance. La majoritĂ© de nos blessures viennent de lĂ  et se manifestent quand on a l’impression de ne pas avoir de place, qu’on ne nous Ă©coute pas, qu’on ne tient pas compte de notre avis ou qu’on vaut moins que les autres. On vit cela partout et Ă  tous les niveaux dans notre famille, avec son conjoint et/ou ses enfants, au travail, avec des amis, etc. Une solution Ă  cette peur de ne pas ĂȘtre » = avoir, pour mieux exister[1] Face Ă  cette pauvretĂ© d’ĂȘtre », on va chercher Ă  imiter les autres. On va chercher Ă  AVOIR la mĂȘme chose qu’eux afin d’ĂȘtre reconnu ». On rentre dans du dĂ©sir mimĂ©tique, comme l’exprime R. Girard ce qui compte, ce n’est pas tant l’objet qui est dĂ©sirĂ© mais plutĂŽt le fait d’imiter le dĂ©sir d’un autre. Tout dĂ©sir est vu alors comme l’imitation du dĂ©sir d’un autre. Et c’est ainsi qu’on va essayer que notre maison soit plus belle que celle de notre voisin; on va essayer d’avoir une plus belle voiture, un job oĂč on gagne plus d’argent, un GSM plus performant, la femme de l’autre, etc. De TOUS CONTRE TOUS, on passe Ă  TOUS CONTRE UN Et si deux individus dĂ©sirent la mĂȘme chose, il est certain qu’il y en aura bientĂŽt un troisiĂšme, un quatriĂšme, 
 qui voudront Ă©galement la mĂȘme chose. Nous percevons facilement la violence qui peut alors s’installer, alors que l’objet en lui-mĂȘme est vite oubliĂ©. Les rivalitĂ©s mimĂ©tiques se propagent, et le conflit mimĂ©tique se transforme en antagonisme gĂ©nĂ©ralisĂ© oĂč apparaĂźt la jalousie, l’envie, la haine. Nous arrivons donc Ă  une situation du TOUS CONTRE TOUS » oĂč chacun s’oppose Ă  chacun pour pouvoir affirmer son existence! Cette situation n’est tolĂ©rable ni acceptable pour personne, mĂȘme pour le plus fort car on n’est jamais sĂ»r de rester le plus fort et on a quand mĂȘme besoin des autres. Ce n’est pas possible de vivre dans une violence perpĂ©tuelle non canalisĂ©e. Alors LA solution naturelle au tous contre tous », c’est le tous contre un ». C’est la seule solution qui existe pour que la paix revienne. Sans cela, c’est la destruction du groupe ! Le mĂ©canisme du bouc-Ă©missaire Si dans un groupe, dans la sociĂ©tĂ©, je peux charger une personne unique de tous les maux et l’exclure, si je peux convaincre les autres que tous nos problĂšmes viennent de cette seule personne, la violence va se rĂ©duire car le groupe va s’unir autour de cette personne. Ce mĂ©canisme du bouc-Ă©missaire est un mythe fondateur de notre façon de penser et d’agir! Faire porter par une seule personne la cause de tous nos soucis est une façon de faire que nous utilisons tout le temps Bart De Wever n’est-il pas la cause de tous les problĂšmes flamands/francophones ? Si Dieu existait, il n’y aurait pas tant de misĂšre dans le monde !» Si nous avons tant de problĂšmes dans notre famille, n’est-ce pas Ă  cause de tel enfant qui est insupportable et qui vit une crise d’adolescence qui fout en l’air toute la famille ? Si l’ambiance au travail est si mauvaise, n’est-ce pas Ă  cause de mon patron qui est un vĂ©ritable tyran et qui nous fait bosser comme des malades? Si je ne me sens pas heureuse, c’est Ă  cause de mon conjoint qui travaille comme un fou et qui fait que je dois tout porter toute seule et que je n’en peux plus. Trouver un bouc-Ă©missaire est une solution assez efficace car cela va permettre de retrouver la paix, de rĂ©unir le groupe, de recrĂ©er de la cohĂ©sion sociale. Chacun peut Ă  nouveau exister dans le groupe, y trouver une place. De plus, comme cela semble rĂ©soudre le problĂšme, n’est-ce pas la preuve que la personne dĂ©signĂ©e Ă©tait bien la responsable de tous nos problĂšmes ??? Et bien NON ! Cette solution est insatisfaisante car le bouc Ă©missaire n’est pas le responsable de tous les maux
 Il n’est pas responsable de ma difficultĂ© Ă  EXISTER, de mon dĂ©sir d’imiter le dĂ©sir de l’autre. Cette solution est donc temporaire au bout d’un certain temps, les problĂšmes vont revenir et il faudra donc choisir une nouvelle victime ! Chacun va avoir peur de devenir le bouc Ă©missaire. Du coup, chacun va rentrer dans le rang, pour Ă©viter d’ĂȘtre identifiĂ© comme source des maux de la communautĂ©. Au lieu de supprimer cette peur de ne pas ĂȘtre, la solution du bouc Ă©missaire va juste renforcer » chacun Ă  accepter de ne pas ĂȘtre, ou de ne pas ĂȘtre » de trop, de peur qu’en rĂ©clamant d’ĂȘtre on ne devienne
 bouc Ă©missaire ! Le problĂšme de base reste donc entier. Nos ados illustrent parfaitement tout cela, bien sĂ»r. Ils vivent dans la peur de l’exclusion et pour ÊTRE, ils se fondent dans la masse, s’habillant de la mĂȘme façon, Ă©coutant la mĂȘme musique, jouant aux mĂȘmes jeux vidĂ©o, etc. Comment sortir de ce mĂ©canisme ? Une premiĂšre chose est bien sĂ»r, de se rendre compte de tout cela, de rĂ©aliser notre soif d’exister et notre besoin d’avoir une place ! Il nous faut Ă©galement prendre conscience que nos blessures d’enfance en particulier accentuent cette peur de ne pas ĂȘtre », ainsi que celle de ne pas oser ĂȘtre pleinement soi-mĂȘme par peur de devenir bouc-Ă©missaire. Quelques petits trucs concrets peuvent nous aider Se sourire chaque matin dans la glace et essayer de se dire 3 choses positives ou qualitĂ©s ; Quand je me sens blessĂ©, humiliĂ©, triste ; quand je sens un mauvais sentiment de revanche, de mĂ©pris, de haine, de volontĂ© de blesser monter en moi, je peux accueillir cela et repenser aux 3 choses positives du matin ; Ne pas avoir peur d’oser dire ce que je pense, oser formuler mes attentes. Oser affronter un refus, ne pas craindre un heurt, en parlant en je » et de ce qui m’habite ; Lydia Dessain ConseillĂšre conjugale et familiale et ThĂ©rapeute systĂ©micienne. Je reçois Ă  Court-St-Etienne Brabant Wallon, Namur et Bruxelles 0496/ [1] ThĂ©orie dĂ©veloppĂ©e par RenĂ© Girard Le bouc Ă©missaire »
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